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Articles taggués ‘communication’

Presse, web et radio pour la pub des scop

24/01/2011

logo scopIl y a un an, les Scop (sociétés coopératives et participatives) nous dévoilaient leur nouvelle identité visuelle et leur signature (“la démocratie nous réussit“). Un an plus tard, elles poursuivent leur démarche de communication auprès du grand-public en lançant une campagne de publicité dont les objectifs sont clairs : développer la notoriété des Scop en faisant émerger leur identité de marque et les installer durablement dans le paysage économique.

Pour ce faire, la Confédération générale des Scop (qui est l’annonceur) et son agence Fondamenti ont fait le choix d’un dispositif plurimédia : la presse écrite et Internet pour cibler cadres et dirigeants susceptibles de créer, reprendre ou transmettre leur entreprise en Scop; la radio pour faire connaître les Scop auprès du plus grand nombre, en particulier aux salariés.

La campagne presse met ainsi en scène de “vrais” salariés associés de Scop :

Ces annonces presse permettent d’illustrer et de rappeler efficacement les grands principes des scop, à savoir :

> Pérennité et ancrage local des Scop
> Partage équitable des richesses
> Dirigeant élu par les salariés associés
> Principe : une personne = une voix dans les grandes décisions
  • Leur pérennité et leur ancrage local
  • Le partage équitable des richesses
  • L’élection du dirigeant par les salariés associés
  • Le principe : une personne = une voix dans les grandes décisions

Ces visuels seront visibles dans Les Echos et Le Monde ainsi que dans la presse régionale (Ouest France, Le Progrès, Le Parisien, etc.). Pour accéder au plan média dans son intégralité, c’est ici.

Centré autour du site lesechos.fr, le dispositif web s’appuie sur un habillage de ce site et reprend sous forme de bannières les visuels de la campagne qui invitent à découvrir le “secret” de chacune de ces Scop.

Enfin, trois spots radio seront diffusés sur RTL et feront découvrir non sans humour les valeurs clés des Scops.

Cette campagne de communication est particulièrement ambitieuse. C’est sans doute la première fois qu’un réseau d’entreprises de l’économie sociale et solidaire mobilise un tel dispositif publicitaire. C’est très encourageant ! Cela montre que les scops s’institutionnalisent et qu’elles ont les moyens d’investir massivement dans la com’. Qu’on se le dise : les mass médias ne sont plus réservés aux boîtes du CAC 40, l’ESS débarque sur RTL !

Suivez les Scop sur Facebook et Twitter. Et pour voir concrètement comment fonctionne une Scop : un web-documentaire très bien fait.

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La solidarité selon Google

18/12/2010

Google-Dont-be-evilAprès avoir offert 20 millions de dollars aux associations en 2009, Google récidive. Comme l’année dernière, le géant du net distribuera cette coquette somme à dix ONG… dont Ashoka ! Le réseau de soutien aux entrepreneurs sociaux a en effet intégré la liste des associations récompensées par Google, ce qui est extrêmement encourageant pour l’innovation sociale et l’entrepreneuriat solidaire. Pour en savoir plus, petite animation (toujours aussi bien faite) :

Pour Noël 2010, Google va encore plus loin dans son investissement caritatif. En plus de ce méga don de 20 millions de dollars, la firme permet aux utilisateurs de Chrome (son navigateur) de devenir des “donateurs indirects”, et ce via leur navigation. Grâce au module Chrome for a cause, tout onglet ouvert par l’internaute est comptabilisé puis converti en don. Dix onglets ouverts deviennent un arbre planté, 25 onglets donnent des vaccins, 200 onglets fournissent de l’eau potable à une personne pour un an. Le 19 décembre, Google arrête les compteurs et donne du vrai argent à cinq ONG (comme Médecins sans frontières ou Un Techo para mi Pais).

Avec ces démarches, Google veut une fois de plus coller à son slogan (“Don’t be evil”), tout en faisant une belle promo pour son navigateur. Altruiste mais pas seulement…

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La com’ à l’italienne

18/08/2010

logo-unicoopfirenzeDe retour de Toscane, je partage avec vous une campagne de communication découverte au détour des rues florentines. Il s’agit d’une campagne d’affichage pour Unicoop Firenze, coopérative de consommateurs qui compte plus d’un million de sociétaires et une centaine de points de vente (hypermarchés, supermarchés et supérettes). Pour faire simple, l’objectif de cette énorme coopérative est de permettre à ses sociétaires d’accéder à des biens de consommation à des prix raisonnables. Mais dans la pub en question, pas de discours sur les prix ni d’offres promotionnelles. La preuve en images :

Unicoop Firenze

« Nous aidons la Toscane à croître, depuis toujours. »

Avec ce slogan et ce visuel qui rappelle les paysages toscans, Unicoop veut mettre en avant sa contribution à l’économie locale et à la création d’emplois ainsi que son ancrage territorial. Sur le site Internet de la coopérative, on obtient une explication de texte : environ 25% des acquisitions faites par Unicoop viennent directement de fournisseurs toscans. Ces achats (qui représentent plus de 400 millions d’euros) sont réalisés auprès de 725 entreprises locales et génèrent 18 000 emplois directs et indirects dans la région.

Loin des discours sur le pouvoir d’achat, les soldes et l’hyperconsommation auquel nous a habitués la grande distribution, Unicoop opte pour une campagne de communication institutionnelle et apporte ainsi la preuve que l’économie sociale participe de manière très concrète au dynamisme économique d’une région. Et ce en toute simplicité et sur des panneaux 4 par 3…

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Twitter au vert !

21/06/2009

twitter_hautTwitter est devenu en quelques mois le terrain de jeu favori des écolo-blogueurs francophones. Utilisé comme outil de communication, canal d’informations en tout genre ou encore tract virtuel lors de la campagne des élections européennes, le site de micro-blogging est devenu  incontournable pour les cyber-écolos et autres promoteurs du développement durable.

Pour avoir une vision synthétique et esthétique de la green twittosphère francophone, je ne saurais trop vous conseiller la « french twitter eco map » réalisée par l’éco-blog. Merci à eux pour ce super boulot !

eco-twittermap-1200x800

Vous constaterez qu’on y retrouve quelques promoteurs de l’économie sociale et solidaire (Ressources Solidaires, Youphil ou encore Le Blog du solidaire), mais je dois dire que les acteurs de l’ESS francophone ne sont pas très actifs sur Twitter. Pas de trace de l’Adie, du Groupe SOS (pourtant si actif en com’ par ailleurs) ou d’Ethiquable. Mais je suis sûr que ça ne saurait tarder. Du moins, je l’espère!

Pour en savoir plus sur Twitter : une petite Wiki-définition.
Et toujours… le Twitter de Communication Solidaire !

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Spots de pub humouristiques pour le microcrédit

02/06/2009

La semaine du 2 juin est placée sous le signe de la com’ pour l’Adie. A l’occasion de la deuxième édition de la Semaine du microcrédit et du lancement officiel d’Adie Connect, l’Association pour le droit à l’initiative économique prend la parole dans la presse et à la télé.

Réalisée par l’agence Young & Rubicam, la campagne de pub se compose de 4 annonces presse et de 2 spots télés. Le principe : mettre en scène de façon humoristique des chefs d’entreprise médiatiques (Michel Pébereau, Franck Riboud, Malamine Koné ou encore Pierre Kosciusko-Morizet…) dans leur vie quotidienne.

La Baseline est simple et efficace : ” Les patrons sont des gens comme vous, alors pourquoi ne pas faire comme eux ? “.
 

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La solidarité mise sur le buzz

26/04/2009

On était habitué aux campagnes online des ONG internationales (Amnesty International, Oxfam, ou encore WWF). Combinant mini films chocs ou humoristiques, campagnes d’emailing, ou encore participation aux réseaux sociaux tels Facebook, ces campagnes ont pour objectif de faire parler de l’ONG et de ses actions et de créer du buzz sur la toile en utilisant l’internaute lambda comme porte-parole.
Cette technique de communication online n’est plus l’apanage des mastodontes du non-profit international. Des acteurs de l’économie sociale et solidaire hexagonaux se sont en effet laissés séduire par cet outil de promotion et de valorisation. J’en veux pour preuve le lancement par le Groupe SOS du site acteursdelasolidarite.org (et son pendant événementiel jaimepasdonner.com) et la création par la coopérative Ethiquable d’Ethiquable.tv, webTV dédiée au commerce équitable.

Quand l’internaute lève lui-même des fonds pour une cause
acteursdelasolidariteActeurs de la solidarité.org est une plateforme de collecte de dons permettant aux internautes de se mobiliser au profit du Groupe SOS et de ses actions. Ce site propose ainsi au particulier de se transformer en chargé de collecte de fonds version 2.0. 

Concrètement, l’utilisateur de la plateforme peut à l’occasion d’un événement (fête, manifestation sportive…) créer en quelques clics une page de collecte, similaire à celle d’un blog. Celle-ci fera la promotion de la cause que l’internaute souhaite soutenir (hébergement des exclus, accès aux soins, éducation et protection de l’enfance, insertion par l’emploi ou solidarité internationale) et encouragera au don. La page sera ensuite partagée via une diffusion automatique par email à l’ensemble des contacts de l’utilisateur ou par sa publication sur les réseaux sociaux (Facebook, Digg ou autre LinkdIn). Le nouveau chargé de collecte aura ensuite la possibilité de suivre en directe l’avancée de sa campagne de récolte de fonds.

Avec Acteurs de la solidarité.org, le Groupe de Jean-Marc Borello surfe sur la tendance du consom’acteur et devient l’une des premières entreprises de l’ESS française à utiliser la technique du marketing viral pour transformer le particulier en prescripteur de ses actions.

jaimepasdonner

Mais la panoplie du parfait « buzz maker » ne serait pas complète sans un site événementiel humoristique. C’est pourquoi, la holding solidaire a lancé, concomitamment à acteursdelasolidaritée.org, le mini-site jaimepasdonner.com. Sur cet espace online, on fait la connaissance de Gauthier – trentenaire qui aurait pu s’appeler Charles-Henri et vivre dans le 16ème – et on y découvre ses excuses minables pour ne pas faire de don : « J’ai pas de monnaie », « Ca sert à rien », « J’ai assez de problème comme ça », etc. Par l’intermédiaire de petits films, jaimepasdonner.com permet de tourner en ridicule les fausses bonnes raisons de ne pas donner, le tout avec un humour décapant. Une tonalité en rupture avec celle – parfois culpabilisante ou anxiogène – de certaines campagnes d’ONG…

4 heures de direct et 6 duplex consacrés au commerce équitable

Dans un autre registre – plus pédagogique, celui-ci – Ethiquable lance Ethiquable.tv à l’occasion de la Quinzaine du commerce équitable. L’objectif de ce support est de répondre “aux doutes et aux questionnements sur le commerce équitable“. Pour y parvenir, la coopérative ne lésine pas sur les moyens : le 9 mai prochain, www.ethiquable.tv proposera une émission spéciale de 4 heures intitulée “Le Tour du Monde du Commerce Equitable“. Bande annonce : 

Ce programme permettra aux internautes de pénétrer dans les coulisses du secteur et de découvrir ceux qui font le commerce équitable : producteurs, ONG, entreprises spécialisées… L’émission s’appuiera sur pas moins de 6 duplex (un par continent), dont une liaison spéciale de 30 minutes avec les producteurs d’Equateur. “Le Tour du Monde du Commerce Equitable” s’articulera autour de trois axes qui ont le mérite de susciter le débat :

  • Coopératives du commerce équitable : comment les producteurs arrivent-ils à vendre sur ce marché ? 
  • Croissance du commerce équitable : comment concilier business et valeur ? 
  • Le prix équitable : que payent les consommateurs ?

Les internautes peuvent d’ores et déjà poser leurs questions sur chacun de ces thèmes via le site internet de la Web TV. En revanche, le dossier de presse ne précise pas ce que deviendra Etiquable.tv, une fois passée cette opération d’envergure et quelle sera sa ligne éditoriale…

Les opérations du Groupe SOS et d’Ethiquable démontrent que les techniques de communication et de marketing utilisées habituellement par les entreprises “classiques”, peuvent être mobilisées efficacement pour valoriser les activités de l’ESS, lever des fonds ou encore faire la pédagogie du secteur. La route est ouverte, aux acteurs de l’économie sociale et solidaire de multiplier ce type d’opération et d’opter pour la solidarité online !

 

Plus d’informations :

  • www.acteursdelasolidarite.org & jaimepasdonner.com : Si vous souhaitez participer à la soirée de lancement de ces deux sites qui aura lieu le mardi 24 avril prochain, envoyez un mail à contact@acteursdelasolidarite.org.
  • www.ethiquable.tv : Pour plus de renseignements sur Etiquable.tv, téléchargez le dossier de presse

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Toute l’actu de l’économie sociale et solidaire en temps réel sur Netvibes

18/04/2009

netvibesVous n’avez pas le temps de parcourir tous les sites et blogs parlant de l’économie sociale et solidaire ? Vous souhaitez avoir toutes les actualités du secteur à un seul endroit et en seulement deux clics ? N’attendez plus ! Rendez-vous sur le Netvibes de Communication-solidaire.com. Vous y trouverez les informations de l’ESS diffusées sur le web, les derniers billets publiés sur les blogs d’Hugues Sibille ou de Tarik Ghezali, les news en direct de l’étranger (USA, Québec…) et pourrez accéder aux vidéos réalisées par Ashoka ou l’Atelier.

Le principe de Netvibes est d’agréger à l’infini les flux et le contenu multimédia des sites internet, des blogs et des réseaux sociaux. On peut également y intégrer des widgets (iCal, météo, albums photos…). 

Netvibes donne donc la possibilité de personnaliser son propre portail web, et de réunir sur une même page toutes les informations que l’on souhaite. C’est ce que j’ai fait, en glanant ça et là les flux des sites internet dédiés à l’ESS, à l’entrepreneuriat social ou au développement durable, le tout pour vous permettre de réaliser une veille informationnelle en moins de 2 minutes.

Organisé en sept onglets différents (A la Une, Les acteurs, Les blogs, A l’étranger, Les vidéos et Com’ responsable), ce portail se veut le plus représentatif de ce qui se dit sur l’ESS. J’ai sûrement oublié un certain nombre de sites. N’hésitez pas à m’en faire part : je les intégrerai.

Vous aussi, créez votre Netvibes. C’est gratuit et très pratique ! Voici un tutoriel pour s’initier à cet outil du Web 2.0 :

Rendez-vous dès maintenant sur le Netvibes de Communication-solidaire.com. Pour un autre exemple de Netvibes dédié à l’économie sociale et au mouvement coopératif, cliquez ici.

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Une identité visuelle pour le blog Communication Solidaire

10/04/2009

logo-communication-solidaireCe court billet pour vous informer de la nouvelle identité visuelle du blog Communication Solidaire.

Ce logo, qui se veut simple, clair et à la fois ludique a été réalisé par Rémi Bottriaux, jeune designer (plein de talent). J’espère qu’il vous plaira. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires.

A bientôt sur Communication-Solidaire.com !

Pour contacter Rémi Bottriaux : remibottriaux@hotmail.fr. Pour apprécier son portfolio, c’est ici.

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50 bloggers en direct du G20

31/03/2009

g20voiceNe serait-ce déjà pas le signe d’un changement ? Alors que les grand-messes internationales nous ont  habitués à des communiqués officiels souvent creux et éloignés de la réalité des débats, le sommet du G20 de Londres marque sa différence.

En effet, 50 bloggers issus d’ONG vont rendre compte en direct de l’avancée des discussions sur le site G20Voice. Ils assisteront ainsi à toutes les tables rondes et auront la possibilité d’interviewer les dirigeants.

Parmi ces 50 reporters d’un genre nouveau qui ont été sélectionnés par la blogosphère, on citera Kumi Naidoo de la Coalition Against Poverty, le chroniqueur économique chinois Rui Chenggang, ou encore le Nigérien, Sokari Ekine.

Au-delà de l’opération de communication que peut constituer G20Voice, cette initiative montre que les lignes bougent et que les bloggers émanant des ONG ont gagné en crédibilité. Ils sont à présent perçus comme de véritables relais d’opinion. Notons cependant que les bloggers invités ne sont pas connus pour être de farouches opposants au système capitaliste. A quand un blogger issu d’ATTAC ou du mouvement syndical présent dans ce type de manifestation ?

Suivre les bloggers sur Twitter, YouTube ou Flickr.

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“L’économie québecoise a trois composantes : le privé, le public et l’économie sociale”

06/03/2009

J’ai déjà évoqué lors de précédents billets l’action du Chantier de l’Economie sociale du Québec. Je n’avais cependant que des informations partielles sur ses activités. Pour en savoir plus, j’ai donc interrogé Jacques Hérivault, responsable des communications stratégiques du Chantier. Résultat : un entretien passionnant, que je vous livre aujourd’hui.

jacques-herivault

Pour commencer, pourriez-vous nous dresser un portrait de l’économie sociale (ÉS) au Québec ?
Même si nous ne disposons pas d’un portrait statistique global, on peut dire que l’économie sociale du Québec est composée de 7000 entreprises, embauche 125 000 personnes et pèse 17 milliards de dollars canadien (10,4 milliards d’euros), soit 6% du PIB québécois. Ses entreprises sont des coopératives et des organismes sans but lucratifs (OSBL) ayant des activités dans plus de 13 secteurs économiques différents.
Contrairement à la France, l’économie sociale québécoise n’est pas un nain politique. L’Etat a conscience de son action structurante. Depuis 1996, date du Sommet de l’économie et de l’emploi, l’ÉS a gagné la reconnaissance des décideurs… Reconnaissance qui a abouti l’année dernière à un plan d’action ambitieux.

En quoi consiste ce plan d’action ?
Il prévoit, entre autres, l’augmentation des financements du Chantier et des pôles régionaux d’économie sociale, qui assurent la promotion et le développement de l’ÉS au niveau régional. Ce plan n’implique pas moins de sept ministères et concerne le développement économique, la santé, les services sociaux, l’immigration, la jeunesse et les autochtones, pour lesquels la création d’entreprises d’économie sociale est parfois indispensable. La réalisation d’un portrait statistique précis de l’ÉS est également prévue par ce plan d’action.

Comment ce plan a-t-il pu voir le jour ?
C’est le résultat d’un travail de longue haleine et d’une adaptation aux alternances politiques. En 1996, le gouvernement dirigé par Lucien Bouchard du Parti Québécois présentait un intérêt marqué pour l’économie sociale. En 2003, un plan gouvernemental comme celui que nous avons obtenu en 2008 devait voir le jour, mais à la veille d’un changement de majorité, il n’a malheureusement pas été voté. Nous avons donc repris notre bâton de pèlerin pour sensibiliser le gouvernement libéral et après cinq années de lobbying auprès des fonctionnaires et des politiques, le Chantier de l’économie sociale a réussi à obtenir le vote de ce plan d’action.

A ce propos, pouvez-vous nous présenter le Chantier de l’économie sociale ?
Le Chantier est d’une certaine manière, la représentation politique de l’économie sociale québécoise. Il a donc une mission de promotion et de lobbying qui s’appuie sur la démonstration des forces des entreprises d’ÉS. Au Chantier, nous défendons l’idée selon laquelle l’économie sociale est une partie structurante de l’économie québécoise. Pour nous, l’économie est plurielle et a trois composantes : le privé, le public… et l’économie sociale. Partant de ce constat, l’économie sociale n’est pas un secteur, mais un pôle économique à part entière qui s’appuie sur différents secteurs d’activité.
Le Chantier œuvre également à soutenir l’émergence, le développement et la consolidation d’entreprises et d’organismes de l’économie sociale. Ses membres sont de nombreux réseaux d’ÉS, dont plusieurs siègent au conseil d’administration aux côtés de représentants des mouvements sociaux et des syndicats.

Comment le Chantier s’est-il mis en place?
Son origine remonte au Sommet de l’économie et de l’emploi qui a favorisé la création d’un groupe de travail composé de nombreux réseaux d’ÉS. C’est Nancy Neamtan, présidente-directrice générale actuelle du Chantier, qui les a réunis. Issue d’un mouvement d’économie sociale de Montréal, elle a senti à l’époque la volonté de ces acteurs d’entreprendre des actions de promotion et de valorisation de manière concertée. Deux ans plus tard, en 1998, ce groupe de travail est devenu le Chantier de l’économie sociale.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur les actions de promotion du Chantier ?
Au niveau du lobbying, nous sommes en contact constant avec les décideurs politiques, notamment avec Mme Nathalie Normandeau, vice-première ministre qui a également la responsabilité de l’économie sociale. Nous redoublons d’efforts au moment des consultations prébudgétaires. Nous venons à cet égard de publier un mémoire à destination du gouvernement.
Nous entendons également faire connaître les entreprises d’ÉS au grand-public. Nous avons ainsi créé le portail de l’économie sociale qui met en relation consommateurs et entreprises de l’économie sociale. Après deux ans d’existence, 4800 entreprises sont aujourd’hui recensées et pas moins de 40 000 internautes visitent chaque mois ce site internet ! Forts de ce succès, nous souhaitons aller plus loin en développant un espace intitulé « Acheter solidaire » qui fera le lien entre les produits et services des entreprise d’ÉS et les consommateurs.

A vous écouter, on a l’impression d’être à des années lumières de la France où l’économie sociale souffre d’un réel problème de reconnaissance…
Certes, l’économie sociale québécoise bénéficie d’une reconnaissance de la part de l’Etat, mais la situation est loin d’être parfaite. Certains préjugés ont la vie dure : pour certains, l’économie sociale serait une économie de pauvres. On observe une méconnaissance de la part des décideurs, des médias et du grand public. Beaucoup de nos représentants politiques sont par exemple surpris d’apprendre que certaines entreprises d’ÉS œuvrent dans les TIC, dans le multimédia et dans d’autres secteurs que ceux qui viennent spontanément à l’esprit (insertion, services à la personne…).
Cette méconnaissance s’accentue au niveau du grand-public qui a parfois l’impression que l’économie sociale permet à l’Etat de se désengager de certaines de ses missions sociales, notamment celle de la santé.
Les médias ont quant à eux des difficultés à comprendre la réalité de l’économie sociale. Cela vient du fait qu’à part les entreprises privées et l’Etat, on a du mal à imaginer qu’il existe d’autres acteurs économiques. C’est pour cette raison que le Chantier promeut le concept d’économie plurielle.

Question d’actualité : les entreprises de l’économie sociale québécoise bénéficient-elles d’une attention particulière de la part de l’Etat en ces temps de plans de relance ?
Quand on travaille dans l’économie sociale, on a immédiatement le réflexe de se dire que le modèle de l’économie sociale est une réponse à la crise. Les entreprises d’ÉS sont bien plus pérennes que les entreprises privées. Elles ne peuvent être ni délocalisées, ni vendues. Si l’on adopte un langage marketing, on peut dire que nous avons là un produit extraordinaire. Mais l’Etat ne change pas ses habitudes. Il soutient avant tout les secteurs les plus touchés : les banques, l’automobile, le manufacturier, l’industrie du bois et entend relancer l’économie par les infrastructures. On sent que les entreprises d’ÉS ne seront pas au cœur de son action. Pour avoir une chance d’être entendu et prendre part aux débats actuels, il nous faut donc continuer à communiquer en adoptant un message simple et combattre les idées préconçues, qui n’ont malheureusement pas changé avec la crise.

Finissons sur une note que j’espère positive… Etes-vous optimiste quant à l’avenir de l’économie sociale québécoise ?
Oui, absolument ! L’économie sociale a parcouru un très long chemin. On assiste au développement, et à la progression de multiples secteurs. Nous sommes armés pour l’avenir. L’économie sociale dispose de centres de recherche et d’innovation très performants. Elle peut s’appuyer sur un comité sectoriel pour résoudre ses problèmes de renouvellement de main d’œuvre et sur deux entités financières créées par le Chantier (la Fiducie du Chantier et le réseau d’investissement social du Québec) pour soutenir le développement de ses entreprises. Enfin, elle peut compter sur le Chantier pour défendre l’intérêt de ses entreprises auprès des leaders d’opinion. La synergie de ces quatre éléments – innovation, main d’œuvre, finance et politique – est un des facteurs clés de succès et de progression de l’économie sociale dans les années à venir.

Pour continuer sur ce sujet :

kilometrezero

  • Reportage de l’émission Kilomètre Zéro de Télé-Québec consacré à l’économie sociale au Québec
  • Groupe “Economie sociale” sur le réseau social de la Communauté Novae
  • Téléchargez ici et l’interview de Charles Guindon, directeur du développement du Chantier, à la radio CKRL à l’occasion des consultations prébudgétaires (clic droit + enregistrer sous)

 

 

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