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Articles taggués ‘communication solidaire’

La solidarité entre générations au programme du Prix du film Macif

30/05/2011

Prix du film MacifPour la 5ème fois consécutive, la Macif lance son concours du film web dont la remise des prix a lieu pendant le Mois de l’économie sociale et solidaire. Cette année, l’ESS est pourtant moins explicitement mise en avant par l’assureur mutualiste. C’est la solidarité intergénérationnelle qui devra être mise en scène dans les films de l’édition 2011.


Bande annonce du Prix Film Web Macif 2011

Je trouve dommage que la Macif se limite à une seule thématique. Son concours était un des seuls moments dans l’année où elle avait pris l’habitude d’affirmer son appartenance à l’ESS. En privilégiant le lien intergénérationnel, elle ne fait plus la promotion de l’économie sociale et solidaire dans sa globalité mais se focalise sur un secteur qui est davantage en rapport avec ses activités commerciales. C’est regrettable. On attendait de ce “grand” acteur de l’ESS qu’il reste le fer de lance d’une communication globale en faveur de cette autre économie…

Pour participer au concours (car c’est quand même une opération sympa…)

Campagnes de com, Compétitions ,

Presse, web et radio pour la pub des scop

24/01/2011

logo scopIl y a un an, les Scop (sociétés coopératives et participatives) nous dévoilaient leur nouvelle identité visuelle et leur signature (“la démocratie nous réussit“). Un an plus tard, elles poursuivent leur démarche de communication auprès du grand-public en lançant une campagne de publicité dont les objectifs sont clairs : développer la notoriété des Scop en faisant émerger leur identité de marque et les installer durablement dans le paysage économique.

Pour ce faire, la Confédération générale des Scop (qui est l’annonceur) et son agence Fondamenti ont fait le choix d’un dispositif plurimédia : la presse écrite et Internet pour cibler cadres et dirigeants susceptibles de créer, reprendre ou transmettre leur entreprise en Scop; la radio pour faire connaître les Scop auprès du plus grand nombre, en particulier aux salariés.

La campagne presse met ainsi en scène de “vrais” salariés associés de Scop :

Ces annonces presse permettent d’illustrer et de rappeler efficacement les grands principes des scop, à savoir :

> Pérennité et ancrage local des Scop
> Partage équitable des richesses
> Dirigeant élu par les salariés associés
> Principe : une personne = une voix dans les grandes décisions
  • Leur pérennité et leur ancrage local
  • Le partage équitable des richesses
  • L’élection du dirigeant par les salariés associés
  • Le principe : une personne = une voix dans les grandes décisions

Ces visuels seront visibles dans Les Echos et Le Monde ainsi que dans la presse régionale (Ouest France, Le Progrès, Le Parisien, etc.). Pour accéder au plan média dans son intégralité, c’est ici.

Centré autour du site lesechos.fr, le dispositif web s’appuie sur un habillage de ce site et reprend sous forme de bannières les visuels de la campagne qui invitent à découvrir le “secret” de chacune de ces Scop.

Enfin, trois spots radio seront diffusés sur RTL et feront découvrir non sans humour les valeurs clés des Scops.

Cette campagne de communication est particulièrement ambitieuse. C’est sans doute la première fois qu’un réseau d’entreprises de l’économie sociale et solidaire mobilise un tel dispositif publicitaire. C’est très encourageant ! Cela montre que les scops s’institutionnalisent et qu’elles ont les moyens d’investir massivement dans la com’. Qu’on se le dise : les mass médias ne sont plus réservés aux boîtes du CAC 40, l’ESS débarque sur RTL !

Suivez les Scop sur Facebook et Twitter. Et pour voir concrètement comment fonctionne une Scop : un web-documentaire très bien fait.

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Com’ et économie sociale et solidaire font-elles bon ménage ?

17/01/2011

Vous pouvez l’imaginer : ce n’est pas moi qui pourrais répondre objectivement à cette question. Je ne pourrais m’empêcher d’affirmer que les techniques de communication sont indispensables pour ne pas dire incontournables pour les entreprises d’ESS et que marketing et com’ ne rentrent pas forcément en contradiction avec les valeurs de l’économie sociale et solidaire.

Je vous laisse donc le soin d’écouter A l’Echelle humaine, une émission diffusée sur CIBL, station de radio montréalaise qui consacre chaque jeudi deux heures à l’actualité de l’ESS.

Au programme de l’édition du 6 janvier dernier : une interview d’une quinzaine de minutes de Fabien Durif, professeur à l’Université de Sherbrooke et spécialiste de l’éthique dans le marketing, qui explique pourquoi les entreprises de l’ESS sont réticentes à la com’ et qui revient sur l’opportunité de créer un label “Entreprise sociale” pour renforcer la lisibilité du secteur. Comme quoi, on se pose les mêmes questions en France et au Québec.


Pour celles et ceux qui ne reculeraient devant rien et qui souhaiteraient faire appel à une agence de communication solidaire et responsable, voici quelques pistes (pour – presque – tous les budgets) :

  • Econovia, qui, entre autres actions, met en oeuvre la communication du Mois de l’économie sociale et solidaire (relations presse, conseil, édition, etc.). L’agence vient d’ailleurs de lancer son propre blog. Retrouvez-y retrouver les actus de l’ESS, des fiches pratiques ou encore des interviews d’acteurs. Vidéo promotionnelle :

  • L’agence Limite, plutôt orientée RSE,
  • L’Agence verte, qui s’est d’abord spécialisée dans la com’ écolo et responsable,
  • ou encore Press’code, l’agence du Groupe SOS, dédiée à l’édition et à la création graphique.

Pensez également aux entrepreneurs des coopératives d’activités et d’emploi qui proposent souvent des services de relations presse, d’édition ou encore de conseil en communication.

Enfin, si vous voulez faire appel à une scop, la Fédération des scop de la communication vous propose un annuaire où vous trouverez peut-être chaussure à votre pied.

Actions solidaires, Conseils pratiques, Relations presse , , ,

Fêtes de fin d’année : l’ESS communique par l’espoir… et l’humour.

19/12/2010

C’est l’hiver, Noël arrive à grands pas, et comme souvent, les ONG et associations caritatives profitent de cette période – où le degré de générosité est censé être inversement proportionnel aux températures négatives de décembre – pour interpeler le grand-public à coup de campagnes choc. La Fondation Abbé Pierre ne déroge pas à la règle avec sa nouvelle campagne qui dénonce l’enfance mal logée :

fondation-abbe-pierre-dec2010

Avec ces pubs réalisées par BDDP et Fils, la Fondation entend attirer l’attention du public sur les 600 000 enfants qui souffrent de conditions de vie indignes. C’est efficace, original, bien trouvé et le message a le mérite d’être clair… mais il faut être honnête, la campagne ne rime pas vraiment avec « espoir » (l’enfant étant quasi “figé” dans sa situation précaire).

Alors quand j’ai vu le film qui vient d’être mis en ligne à l’occasion des 25 ans du Groupe SOS, je me suis dit que la com solidaire pendant les fêtes ne serait pas uniquement synonyme de morosité. Je vous laisse apprécier :


Groupe SOS – Le pot de départ
envoyé par groupe-sos.

Enfin une campagne de communication qui allie solidarité et optimisme ! Ce film est lancé au même moment que « Personne n’est au bout de son histoire », recueil de portraits réalisés par le photographe Reza pour le Groupe SOS… Ces portraits sont ceux d’hommes et de femmes qui, grâce aux dispositifs d’accompagnement du Groupe SOS, ont retrouvé une place dans la société. L’entreprise d’économie sociale et solidaire fait ici le choix de l’optimisme et laisse entrevoir un avenir un peu moins gris. Ce qui n’est pas sans rappeler les pubs de l’Itinéraire qui adoptaient un ton similaire… une campagne qui montrait que l’économie sociale et solidaire est avant tout une économie porteuse de solutions.

Sur un autre registre, à l’Atelier - Centre de ressources régional de l’économie sociale et solidaire, où je travaille, nous avons fait le pari de l’humour pour communiquer pendant les fêtes :

campagne-atelier-conso-noel-2010

Avec cette campagne, nous voulons rompre avec les messages moralisateurs autour de la consommation responsable et prouver que l’on peut communiquer différemment sur l’économie sociale et solidaire…

Une dose d’humour et d’espoir pour clore une année 2010 synonyme de crises en tout genre, ça fait du bien, non?

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YESS!2010, grand-mESSe grenobloise

12/09/2010

logo-yess2010Je reviens de YESS!2010, ce festival grenoblois qui, le temps d’un week-end, a réuni 150 acteurs de l’ESS pour faire découvrir au grand-public une facette différente de l’économie. Après une journée passée à sillonner les stands, échanger mes SOLs et à participer aux discussions-débats, je dois dire que je suis très enthousiaste mais néanmoins perplexe.

Enthousiaste parce que Alpesolidaires, l’organisateur de cette grand-mESSe, a accompli l’exploit de réunir des acteurs aussi différents que les grands groupes mutualistes (Maif, Macif, etc.), des amap, la Nef ou encore d’ardents défenseurs du logiciel libre. Tous ont accueilli le grand-public et ont fait preuve de pédagogie pour vulgariser leurs activités. Le temps d’un week-end ces acteurs ont finalement apporté la preuve qu’ensemble, ils participaient d’un projet social commun : celui de l’économie sociale et solidaire.

Enthousiaste aussi, puisque le grand-public a pu découvrir en pratique d’autres modes de consommation, et ce grâce à des actions et des événements très concrets : marché solidaire dédié au commerce équitable, paiements avec une monnaie alternative, défilé de mode éthique, vente de boissons bio à la buvette, et même… utilisation de toilettes sèches ! Attiré par l’ambiance conviviale et festive qui régnait dans le Parc Mistral, le public – essentiellement des familles – a ainsi répondu présent. L’affluence était impressionnante (dimanche, les organisateurs annonçaient une fréquentation de 19 000 visiteurs). La preuve en images :

Enthousiaste enfin parce que les collectivités territoriales ont manifesté durant tout le week-end leur appui à l’ESS. La Ville de Grenoble, la communauté d’agglomération ou encore la Région Rhône-Alpes représentées par leurs élus et chargés de mission ESS ont apporté un soutien financier conséquent à cet événement.

Mais alors, pourquoi être perplexe face à un tel succès ? Et bien parce l’aspect « économique » de l’ESS a été très peu mis en avant pendant ces deux jours. On affirme haut et fort que les acteurs de l’ESS participent au développement économique local, mais durant YESS!2010, on a davantage eu l’impression de participer à un « classique » forum des associations de quartier en plein air plutôt qu’à un rendez-vous d’acteurs économiques qui entreprennent, créent de l’activité et travaillent différemment. Le poids économique de l’ESS locale a à peine été évoqué, alors que 15% des emplois grenoblois sont issus de l’économie sociale et solidaire !

Par ailleurs, les volets « entrepreneuriat » et « emploi » n’ont pas été suffisamment mis en avant. Le concours du meilleur projet de création d’activité en ESS, fort prometteur a priori, n’a ainsi pas été valorisé comme il le méritait. La remise du prix s’est faite à la va-vite (de façon presque improvisée) alors qu’elle aurait pu – aurait dû – être un événement central de YESS. D’autant que quelques journalistes été présents pour couvrir l’événement (je serais d’ailleurs curieux de savoir comment ils ont perçu cette remise de prix).

Au final, qu’auront retenu les visiteurs de YESS! 2010 ? Que le territoire grenoblois regorge d’associations, certes ! Qu’il existe d’autres modes de consommation, bien sûr ! Et on ne peut que s’en réjouir… Mais auront-ils compris qu’ils ont côtoyé pendant tout le week-end des innovateurs sociaux qui portent en leur sein un changement radical de modèle économique et de société ? Bref auront-ils entrevu la possibilité d’une autre économie, d’un autre type d’entrepreneuriat ? J’en doute…

Pour conclure, j’ajouterais que l’ESS ne sera crédible que si elle apporte la preuve qu’elle est une économie porteuse de solutions et créatrice d’emplois et d’activités innovantes à forte valeur ajoutée sociale. N’oublions pas que le concept d’ « économie sociale et solidaire » est utilisé entre autres pour à aller à l’encontre des perceptions – souvent erronées – que l’on se fait du secteur associatif (solidaire certes mais pas viable économiquement). YESS!2010 aurait pu être le lieu et le moment pour illustrer ce potentiel économique. Ca n’a pas forcément été le cas. Mais je suis sûr que ce n’est que partie remise (on attend avec impatience la deuxième édition). C’est tout le mal qu’on souhaite à l’ESS grenobloise.

Retrouvez tous les tweets de YESS!2010.

Et enfin, le reportage réalisé par la Métro, la communauté d’agglo de Grenoble Alpes Métropole:


YESS! Le succès !
envoyé par grenoblealpesmetropole. – L’info video en direct.

Evénement solidaire , , ,

Les banques coopératives communiquent (plus ou moins bien)

19/07/2010

Ca fait pas mal de temps que je veux en parler, alors je me lance… Aujourd’hui, billet d’humeur sur la « nouvelle » campagne de com du Crédit coopératif qui, je l’avoue, m’a déçu. Je vous laisse admirer :

Selon moi, cette campagne peut difficilement toucher le grand-public. Je m’explique. Voulant délivrer un message didactique pour convaincre, elle devient complexe voire illisible (trop de texte tue le texte, non ?). Elle entend jouer sur les valeurs de la banque coopérative, mais en vient à donner des leçons (cf. le « J’en ai marre de penser qu’à moi », on ne peut plus culpabilisant). Et ne parlons pas de la bichromie qui donne une allure de tract syndical à cette campagne qui a tout de même tapissé les murs du métro parisien. Enfin, le principe du crayonné met trop de distance entre « Marie », « Olivier » et le lecteur qui ne peut, de fait, s’identifier à eux.

Bref, si l’objectif de ces pubs était de prêcher des convertis, c’est réussi. En revanche, pour attirer des personnes qui ne sont pas sensibilisées à l’épargne solidaire ou au modèle coopératif, il faudra repasser. Cette campagne de com’ ne travaille pas en faveur de l’économie sociale et solidaire qui est – encore et toujours – dépeinte comme un concept pas très fun, compliqué à appréhender, réservé à des initiés.

Bon, je ne peux pas conclure ce billet sur une note aussi critique. Non, parce qu’il y a des acteurs de l’ESS qui communiquent efficacement : le Crédit mutuel avec sa dernière campagne, par exemple.

Ces clips (réalisés par l’Agence H) mettent très bien en avant les bénéfices que peuvent tirer les clients – pardons les sociétaires – des services et des valeurs des banques coopératives. Pas besoin de longs discours, la preuve par l’exemple et l’humour suffit.

Pour ceux qui souhaitent devenir fan du Crédit coopératif sur Facebook (parce que niveau réseaux sociaux, ils sont quand même bons au Crédit coop), c’est ici.

Campagnes de com, Coopératives, Finance solidaire, Humeurs , ,

L’Itinéraire en campagne

23/12/2009

logo-itineraireJe n’ai pas encore eu l’occasion (mais surtout le temps) de consacrer un billet à l’Itinéraire. Pourtant ce groupe d’économie sociale est sans doute l’un des plus actifs (et l’un des plus visibles) de Montréal. Sa mission est “d’accroître l’autonomie, le savoir et la créativité des personnes qui connaissent des difficultés liées à la marginalité et à l’itinérance”.

pub itineraireSon produit “phare” est le magazine l’Itinéraire, qui est un journal de rue – un peu comme Macadam, en France – dont l’objectif est de permettre aux SDF, toxicomanes et sans emploi de se réinsérer socialement (par la vente du magazine, mais également par la rédaction d’articles, du coaching et un accompagnement psychosocial). Le magazine papier a son pendant numérique avec le magDVD Le 3e Œil qui permet à des jeunes de la rue âgés entre 18 et 30 ans de se réinsérer par le multimédia. A cela vient s’ajouter le Café L’Itinéraire qui est considéré comme la porte d’entrée du Groupe. Les personnes en difficultés peuvent venir y manger à peu de frais (4$ pour un repas complet).

Si je parle de l’Itinéraire aujourd’hui c’est qu’il vient de lancer une campagne de publicité à l’occasion de ses 15 ans. Le Groupe a en effet fait appel à une prestigieuse agence de pub montréalaise (l’agence Bos) pour prendre la parole en télé, en presse et sur les murs de la métropole québécoise. Le résultat : des annonces simples, efficaces et positives signées “Faites un bout de chemin avec nous!“. Notons que si le Groupe a pu s’offrir cette campagne pluri-media c’est qu’il est particulièrement actif pour accroître sa capacité d’autofinancement (collecte de fonds, vente d’espaces publicitaires, produits dérivés, etc.).

Je vous laisse juger de la campagne télé :

Campagnes de com, québec , , ,

Mise à jour du TOP 50 des blogs qui veulent changer la donne

02/09/2009

Après les commentaires des uns et des autres, vous trouverez ci-dessous une liste mise à jour des blogs francophones traitant de développement durable, économie solidaire, d’entrepreneuriat social…
Top-50-Blogs-economie-sociale-developpement-durable
Voici les derniers ajouts en date :

# Economie sociale – Entrepreneuriat social

http://www.alpesolidaires.org

http://www.dromeardeche-solidaires.org

http://www.rhone-alpesolidaires.org

# Développement durable

http://www.acteurdurable.org

# Consommation responsable et durable

http://www.aboneobio.com/blog

# Communication et marketing responsables

http://www.cause-humanitaire.net

http://www.lesnouveauxmediasnonmarchands.com

http://www.otarion.info

Et ci-jointe la version pdf réactualisée.

web 2.0 , , , , ,

Le téléphone au service de l’insertion sociale et professionnelle

15/05/2009

logo-orangeOrange a annoncé le 12 mai dernier le lancement d’un forfait téléphonique réservé aux personnes en situation de précarité. Cette offre à 10€ par mois comprend 40 minutes de conversation et quarante SMS. Elle est proposée aux bénéficiaires du RMI et dès le 18 juin à tous les allocataires du RSA. Didier Lombard, PDG de France Telecom, a également déclaré que l’opérateur proposerait bientôt aux plus démunis des téléphones à 10 euros ainsi qu’une offre triple-play à 20 euros par mois.

Dans la même veine – et en réponse à la polémique sur les coûts de communication pour joindre ses services – Christian Charpy, Directeur général de Pôle Emploi a indiqué qu’il envisageait de fournir des cartes téléphoniques prépayées aux demandeurs d’emploi disposant de très peu de ressources pour contacter ses services au 3949, numéro surtaxé.

Ces actions sont à saluer, même si l’on voit bien qu’elles répondent à une stratégie de communication bien huilée. En tout cas, elles ont le mérite d’apporter une réponse à l’exclusion technologique et numérique des personnes en situation de précarité.

Mais Orange et Pôle Emploi ne sont pas les seuls à participer à la lutte contre ce type d’exclusion. D’autres initiatives de ce type, plus confidentielles – et surtout moins médiatisées – répondent directement à ce problème. Elles ont été imaginées et développées par des entrepreneurs sociaux et des acteurs de l’économie sociale et solidaire.

L’association Reconnect en est un exemple très innovant : partant du constat que le téléphone est un élément fort de stabilisation sociale, ellnotice-reconnecte met à disposition des plus démunis un numéro de téléphone fixe personnel couplé à une boîte vocale consultable gratuitement, depuis n’importe quel téléphone, y compris d’un portable. Ce dispositif très simple permet aux personnes en situation de précarité de garder le contact avec leurs proches comme avec des employeurs potentiels puisque les appels passés par le bénéficiaire vers une ligne fixe sont, eux aussi, gratuits. Concrètement, la personne s’inscrit sur Internet avec un responsable de l’association, et reçoit un numéro de téléphone. Quelques jours plus tard, Reconnect lui fournit des cartes de visite personnalisées (avec le numéro de téléphone en question), qu’il pourra diffuser comme il l’entend. Il dispose également d’une boîte vocale qu’il peut interroger gratuitement et à partir de laquelle il peut recontacter sans frais les personnes qui lui ont laissé des messages.

Le service est actuellement testé par 200 usagers à Paris et en Rhône-Alpes, par l’intermédiaire de 12 centres d’expérimentation. Les premiers déploiements dans d’autres villes, notamment à Bordeaux, sont prévus au troisième trimestre 2009 et seront en partie soutenus par… SFR !

Pour en savoir plus, téléchargez le guide de présentation de Reconnect.

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Sondage OpinionWay/Avise : l’insertion par l’activité économique confrontée à son manque de notoriété

06/05/2009

Microsoft Word - 02 - IAE - Presentation gale.docJe dois avouer qu’en découvrant les résultats d’un sondage* commandé par l’Avise à Opinion Way sur la notoriété de l’Insertion par l’activité économique (IAE), j’ai failli tomber de ma chaise. Cette étude, dévoilée lors des Assises des CDIAE, révèle en effet que pas moins de “60% des Français auraient déjà entendu parler de structures d’insertion par l’activité économique “ …

Etant chargé de communication d’une fédération de l’IAE, ces chiffres m’apparaissent comme étant quelque peu fantaisistes. Si l’IAE souffre d’un mal c’est bien celui d’un manque chronique de notoriété. J’en veux pour preuve le niveau de connaissance – plus que faible – des journalistes de la presse généraliste quant à ce secteur… journalistes qui sont censés être, peu ou prou, représentatifs de l’opinion publique et qui, même en ces temps de crise, ont du mal à se passionner pour l’insertion. Les témoignages quotidiens des entreprises de l’IAE permettent également d’infirmer les résultats du sondage. Chaque jour, ces entreprises se frottent à l’ignorance des décideurs et du grand-public.

Je ne vois franchement pas l’intérêt de diffuser ce genre de données. Pour rassurer le secteur ?! L’insertion par l’activité économique et ses acteurs n’en ont nul besoin. Au contraire, ils devraient davantage être confrontés à leur manque de notoriété pour prendre conscience de leurs difficultés à communiquer et mieux les dépasser…

Heureusement, le volet qualitatif de l’enquête qui s’appuie sur des entretiens avec des entrepreneurs recourant à l’IAE, est riche de quelques enseignements. Ils auraient pu être davantage exploités lors des Assises des CDIAE.

L’enquête révèle ainsi un contraste entre la perception des entreprises de l’IAE avant et après le partenariat engagé avec les entreprises “classiques”. En amont, les gérants de PME ont une “vision partielle du secteur, qui paraît flou, complexe et peu fiable”. Mais une fois le partenariat engagé, “cette image mue vers des attributs beaucoup plus positifs : compétence, adaptabilité, responsabilité sociale de l’entreprise”. Un dirigeant de PME tente d’expliquer cet état de fait par le manque de communication des acteurs : “Ils ne communiquent pas suffisamment, et surtout pas suffisamment bien. Je suis persuadé qu’ils toucheraient bien plus d’entreprises en communiquant efficacement ”.

L’une des solutions pour aller à l’encontre des idées reçues et maximiser la notoriété des acteurs de l’IAE serait donc le « plus communiquer » ou plutôt le « mieux communiquer ». On ne peut être que d’accord avec le diagnostic… Pour poursuivre la discussion, voici quelques – modestes – pistes de réflexion qui permettraient peut-être au secteur de se (mieux) faire connaître et comprendre.

Aux têtes de réseaux, la valorisation du secteur
Pour augmenter la notoriété de l’insertion par l’activité économique, les fédérations et autres têtes de réseaux devraient entreprendre, au niveau national, des actions de communication faisant la pédagogie du secteur : déjeuners presse thématiques, organisation de conférences débats ouvertes au grand public (à l’image des AlterMardis du Groupe SOS)… Le CNIAE devrait d’ailleurs être moteur de ce type d’événements.

Favoriser les actions collectives en inter-réseaux
L’une des – regrettables – spécificités de l’IAE est la multiplicité de ses têtes de réseaux. Pas moins de huit voire neuf fédérations (ou réseaux) défendent les intérêts d’acteurs de l’IAE, et disent plus ou moins la même chose… mais différemment. Le secteur gagnerait en visibilité (et surtout en crédibilité) si les têtes de réseaux multipliaient les actions de communication concertées et unifiées. Pourquoi ne pas créer une semaine nationale de l’IAE qui permettrait de sensibiliser les médias et le grand-public (le micro-crédit et le commerce équitable ont bien leur semaine et quinzaine respectives…) ? Le mois de l’économie sociale et solidaire doit également être une fenêtre de tir pour entreprendre des actions de communication collectives et réaffirmer haut et fort une appartenance au secteur de l’ESS à côté d’autres acteurs du secteur.

Communiquer par la preuve
Les acteurs de l’IAE éprouvent des difficultés à disposer de solides données chiffrées et, partant, de communiquer sur leurs poids économiques. Des initiatives comme l’observatoire des entreprises d’insertion mis en place par le CNEI devraient être encouragées et multipliées. Les réseaux de l’IAE devraient également pouvoir diffuser des chiffres valorisant l’impact social des acteurs du secteur. Jusqu’à présent, seules des études régionales ont été menées et les chiffres traduisant le retour sur investissement qu’offrent les entreprises de l’IAE à leurs financeurs font défaut.
Il est également incontournable de valoriser les actions locales des entrepreneurs de l’insertion par l’activité économique. A eux de faire connaître à la presse locale leurs initiatives souvent originales et aux têtes de réseaux de les communiquer auprès des médias nationaux pour illustrer très concrètement les innovations du secteur.

S’appuyer sur des porte-paroles charismatiques
Enfin, et cette problématique est inhérente à l’ensemble de l’ESS, l’IAE devrait pouvoir s’appuyer sur des représentants emblématiques – de préférences médiatiques – qui seraient les porte-paroles du secteur.

Voila pour les premières pistes de réflexion, qui j’en ai bien conscience, ne sont qu’embryonnaires. Je tâcherai de les enrichir au fil du temps (et au fil de mes expériences).

N’hésitez pas à me faire part de vos idées et commentaires !

 

* L’échantillon, représentatif de la population française, est composé de 995 personnes. Les personnes interrogées sont issues de Newpanel, le panel en ligne représentatif d’OpinionWay. L’échantillon, interrogé entre le 8 et le 9 avril 2009, a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de secteur d’activité.

 
Plus d’informations : Télécharger le dossier de presse des Assises des CDIAE.

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