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Les jeunes et l’économie sociale et solidaire

Economie sociale jeunesseFaire la promotion de l’économie sociale auprès des jeunes : tel est l’objectif du nouveau site internet lancé au Québec par le Conseil régional d’économie sociale de Mauricie.

Ce site entend démontrer aux jeunes qu’il existe d’autres modèles d’entrepreneuriat et de travail. Il est adapté à différents profils puisqu’il s’adresse à la fois aux jeunes qui désirent travailler ou faire un stage en économie sociale, à ceux qui souhaiteraient en devenir les promoteurs ou aux potentiels bénévoles.

C’est me semble-t-il la première fois qu’un tel site voit le jour dans un pays francophone. Il faut dire que la cible « jeunes » n’est pas prioritaire dans les campagnes de communication orchestrées par les acteurs de l’ESS, notamment en France. Pourtant, l’enjeu est de taille. Outre le fait que les jeunes d’aujourd’hui soient les acteurs de changement de demain, se pose le problème du remplacement des départs en retraite – massifs – qui vont intervenir dans les prochaines années en France. Car, avec 335 000 salariés de plus de 55 ans, c’est plus d’un salarié sur sept qui devrait prendre sa retraite d’ici à 2018 (source CNCRES 2010). Ce phénomène touche plus particulièrement les cadres : un cadre de l’ESS sur cinq a plus de 55 ans, ce qui représenterait plus de 55 000 emplois laissés vacants…

Fais le saut en ESSIl est donc urgent d’agir pour capter les jeunes. Notons au passage que le Québec a encore une fois une longueur d’avance sur la France. Le Comité sectoriel de main d’œuvre en économie sociale a en effet lancé depuis plusieurs années une réflexion sur le sujet de la relève et a développé un programme dédié à cette problématique (cf. le dispositif « Fais le saut »).

Alors que faire pour sensibiliser les jeunes Français à l’économie sociale et solidaire ?

D’abord déterminer de quoi on veut leur parler. Il est illusoire de vouloir sensibiliser les jeunes à l’ESS par le seul biais de la consommation responsable (commerce équitable, agriculture bio, circuits courts, etc). Quand on a 15, 18 et même 25 ans, cela reste difficile de tourner le dos à la consommation de masse et aux marques tant elles participent au sentiment d’appartenance à un groupe ou une communauté… Et puis soyons honnête, le prix – souvent plus élevé – des produits solidaires demeure un frein, surtout quand on a un budget serré. C’est d’ailleurs ce que démontre  le dernier sondage sur la perception de l’entrepreneuriat social réalisé par l’Avise : les jeunes seraient les moins enclin à acheter un produit social, et ce à cause de son prix. L’angle du « travailler et entreprendre autrement » semble par conséquent le plus intéressant à exploiter. On ne compte plus les études ou les articles de presse qui décrivent la génération Y et les digital natives comme des futurs salariés et entrepreneurs en quête de sens (quelques exemples ici, , ou encore ici et ). Le sondage de l’Avise indique par ailleurs que les jeunes seraient les plus déterminés à postuler dans une entreprise sociale (75% contre 63% de la population totale).

Savoir ensuite ce que l’on entend par le terme de « jeunes ». Plutôt que de vouloir toucher les 12-25 ans dans leur totalité, pourquoi ne pas concentrer nos efforts sur ceux qui s’apprêtent à se lancer sur le marché du travail pour leur démontrer que d’autres formes d’entrepreneuriat et de travail existent. Je suis toujours marqué par la réaction du « djeun’s » qui découvre la formule Scop. C’est d’abord inconcevable pour lui que des salariés puissent élire leur dirigeant, puis, une fois le concept mieux appréhendé, l’idée de travailler dans une Scop devient très alléchante…

Pour finir – et c’est là le plus gros challenge pour les acteurs de l’ESS – il faut adopter un langage accessible et imaginer des formats d’intervention et de sensibilisation originaux… en d’autres termes casser les codes. Fini les discours complexes sur les valeurs. Nous devons faire preuve d’un langage pragmatique : parler salaires, perspectives d’évolution, conditions de travail confortables, etc. On ne pourra faire l’économie d’une simplification du discours et il nous faudra oublier les querelles de courants (économie sociale et solidaire vs. entrepreneuriat social par exemple). Optons pour des témoignages d’entrepreneurs sociaux auxquels les jeunes peuvent facilement s’identifier, mêlons ambiance festive et actions de sensibilisation, ouvrons les portes d’entreprises qui peuvent séduire les jeunes… Bref apportons les preuves très concrètes qu’une autre économie existe et que les jeunes d’aujourd’hui devront en être les acteurs innovants de demain.

Pour aller plus loin et avoir des idées d’actions pour sensibiliser les jeunes à l’ESS :

et…

D’abord déterminer de quoi on veut leur parler. Il est illusoire de vouloir sensibiliser les jeunes à l’ESS par le seul biais de la consommation responsable. Quand on a 15, 18 et même 25 ans, cela reste difficile de tourner le dos à la consommation de masse et aux marques tant elles participent au sentiment d’appartenance à un groupe ou une communauté… L’angle du « travailler et entreprendre autrement » me semble par conséquent le plus intéressant à exploiter. On ne compte plus les études ou les articles de presse qui décrivent la génération Y et les digital natives comme des futurs salariés et entrepreneurs en quête de sens (quelques exemples ici, là, ou encore ici et là).
Savoir ensuite ce que l’on entend par le terme de  « jeunes ». Plutôt que de vouloir toucher les 12-25 ans dans leur totalité, pourquoi ne pas concentrer nos efforts sur ceux qui s’apprêtent à se lancer sur le marché du travail pour leur démontrer que d’autres formes d’entrepreneuriat et de travail existent. Je suis toujours marqué par la réaction du « djeun’s » qui découvre la formule Scop. C’est d’abord inconcevable pour lui que des salariés puissent prendre part à la gouvernance d’une entreprise, puis, une fois le concept mieux appréhendé, l’idée de travailler dans une Scop devient très alléchante…
Pour finir – et c’est là le plus gros challenge pour les acteurs de l’ESS – il faut adopter un langage accessible et imaginer des formats d’intervention attrayants. On ne pourra faire l’économie d’une simplification du discours et il nous faudra oublier les querelles de courants (économie sociale et solidaire vs. entrepreneuriat social par exemple). Optons pour des témoignages d’entrepreneurs sociaux auxquels les jeunes peuvent facilement s’identifier, mêlons ambiance festive et actions de sensibilisation, ouvrons les portes d’entreprises qui peuvent séduire les jeunes… Bref apportons les preuves très concrètes qu’une autre économie existe et que les jeunes d’aujourd’hui devront en être les acteurs innovants de demain.
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Campagnes de com, québec

  1. 01/03/2011 à 22:49 | #1

    Je trouve que les comparaisons France / Québec sont très intéressantes. Merci de parler de notre initiative sur la relève. Je vous inviterais également à visionner, sur notre site web, les émissions Jobs de valeurs. Ces 3 épisodes de télé présentent 22 travailleurs-euses motivé(ées) de l’économie sociale et de l’action communautaire et peuvent être de nouveaux moyens de faire sensibiliser les jeunes… http://profession.csmoesac.qc.ca/

  2. 01/03/2011 à 23:11 | #2

    Bonjour Amélie,
    Merci pour ce conseil (mais je ne trouve pas les émissions Jobs de valeurs sur le lien mentionné)…
    La question des jeunes est vraiment une question qui nous préoccupe et nous intéresse. Ce sera vraisemblablement une de nos cibles prioritaires pendant le Mois de l’économie sociale et solidaire. La question est de savoir comment bien les sensibiliser (et les intéresser)!
    A bientôt et au plaisir d’échanger avec vous sur le sujet.

  3. 02/03/2011 à 10:44 | #3

    Bonjour
    J’ai pensé que vous seriez intéresser par les travaux du Centre des jeunes, des dirigeants, des acteurs de l’économie sociale (CJDES) qui a tenu le 17 janvier 2011 son université annuelle sur le thème “Favoriser le développement de l’économie sociale et solidaire par l’émergence d’une nouvelle génération” fil rouge des travaux qu’il mènera sur 2011.
    Voir le communiqué de presse : http://www.cjdes.org/docs/CP_UNIVERSITE_DU_CJDES_17_JANVIER_2011.pdf
    Bien cordialement.

  4. 03/03/2011 à 08:30 | #4

    Merci Djamila,
    Très intéressant, en effet!
    A bientôt,
    Julien @Djamila Hichour

  5. 14/03/2011 à 16:51 | #5

    Un peu à retardement je découvre votre article ! Très intéressant car au coeur des enjeux de l’ESS pour les années à venir ! Les jeunes se disent déterminés à travailler pour une entreprise sociale, encore faut-il que l’économie sociale se donne les moyens d’attirer ces jeunes !!

    Bien que certains dirigeants de l’ESS voient d’un mauvais oeil la montée de l’entrepreneuriat social, c’est une perspective attirante pour bon nombre de ces jeunes. Autant être dans le bateau dès maintenant que de devoir nager derrière..

    Serait-il possible de diffuser votre article sur notre réseau social : http://www.social-planet.org ?

    Au plaisir de lire et partager d’autres actus aussi intéressantes.

  6. 14/03/2011 à 17:22 | #6

    Oui n’hésite pas à le diffuser Damien !
    Tout à fait d’accord avec ton analyse.
    A bientôt !

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