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Forum international de l’ESS : pouvoirs publics et société civile doivent dialoguer !

11/06/2011

Forum International de l'Économie Sociale et Solidaire 2011 - FIESSA peine passés les Etats Généraux de l’ESS en France qu’il faut inscrire un événement d’envergure internationale dans nos agendas. Le Forum international de l’économie sociale et solidaire se tiendra en effet du 17 au 20 octobre à Montréal. Comme pour les Etats Généraux en France, cette rencontre internationale a pour thème principal : le nécessaire dialogue État – société civile pour l’élaboration de politiques publiques en faveur de l’économie sociale et solidaire.

Un programme très riche est déjà accessible en ligne. Vous constaterez qu’en plus des ateliers et conférences, le FIESS mise sur la visite d’entreprises d’ESS pour faire découvrir au monde entier les innovations sociales développées au Québec.

N’attendez plus, inscrivez-vous dès maintenant à cet événement incontournable de l’année 2011, qui permet de constater qu’un mouvement de changement est en marche partout dans le monde.

Likez” le FIESS sur Facebook et visionnez les nombreuses vidéos d’invitation au Forum.

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Montréal : 2ème édition du rendez-vous des entrepreneurs sociaux

22/04/2011

RDV-entrepreneurs-sociauxPour la deuxième année consécutive, l’Institut du Nouveau Monde organise le Rendez-vous des entrepreneurs sociaux. En 2011, l’INM met à l’honneur les collaborations que peuvent construire les entrepreneurs sociaux avec le monde des affaires et le public. Un Petcha-Kutcha (20×20) sera d’ailleurs consacré aux partenariats public/privé/entrepreneuriat social. Le clip de promotion de cette édition reprend lui aussi cette thématique :

Le Rendez-vous des entrepreneurs sociaux – 2011

A noter également la venue de Jean-Marc Borello, fondateur du Groupe SOS et président du Mouves, qui participera à une table ronde sur les best practices des entrepreneurs sociaux.

Inscrivez-vous vite ! Tout est ici.

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Les jeunes et l’économie sociale et solidaire

27/02/2011

Economie sociale jeunesseFaire la promotion de l’économie sociale auprès des jeunes : tel est l’objectif du nouveau site internet lancé au Québec par le Conseil régional d’économie sociale de Mauricie.

Ce site entend démontrer aux jeunes qu’il existe d’autres modèles d’entrepreneuriat et de travail. Il est adapté à différents profils puisqu’il s’adresse à la fois aux jeunes qui désirent travailler ou faire un stage en économie sociale, à ceux qui souhaiteraient en devenir les promoteurs ou aux potentiels bénévoles.

C’est me semble-t-il la première fois qu’un tel site voit le jour dans un pays francophone. Il faut dire que la cible « jeunes » n’est pas prioritaire dans les campagnes de communication orchestrées par les acteurs de l’ESS, notamment en France. Pourtant, l’enjeu est de taille. Outre le fait que les jeunes d’aujourd’hui soient les acteurs de changement de demain, se pose le problème du remplacement des départs en retraite – massifs – qui vont intervenir dans les prochaines années en France. Car, avec 335 000 salariés de plus de 55 ans, c’est plus d’un salarié sur sept qui devrait prendre sa retraite d’ici à 2018 (source CNCRES 2010). Ce phénomène touche plus particulièrement les cadres : un cadre de l’ESS sur cinq a plus de 55 ans, ce qui représenterait plus de 55 000 emplois laissés vacants…

Fais le saut en ESSIl est donc urgent d’agir pour capter les jeunes. Notons au passage que le Québec a encore une fois une longueur d’avance sur la France. Le Comité sectoriel de main d’œuvre en économie sociale a en effet lancé depuis plusieurs années une réflexion sur le sujet de la relève et a développé un programme dédié à cette problématique (cf. le dispositif « Fais le saut »).

Alors que faire pour sensibiliser les jeunes Français à l’économie sociale et solidaire ?

D’abord déterminer de quoi on veut leur parler. Il est illusoire de vouloir sensibiliser les jeunes à l’ESS par le seul biais de la consommation responsable (commerce équitable, agriculture bio, circuits courts, etc). Quand on a 15, 18 et même 25 ans, cela reste difficile de tourner le dos à la consommation de masse et aux marques tant elles participent au sentiment d’appartenance à un groupe ou une communauté… Et puis soyons honnête, le prix – souvent plus élevé – des produits solidaires demeure un frein, surtout quand on a un budget serré. C’est d’ailleurs ce que démontre  le dernier sondage sur la perception de l’entrepreneuriat social réalisé par l’Avise : les jeunes seraient les moins enclin à acheter un produit social, et ce à cause de son prix. L’angle du « travailler et entreprendre autrement » semble par conséquent le plus intéressant à exploiter. On ne compte plus les études ou les articles de presse qui décrivent la génération Y et les digital natives comme des futurs salariés et entrepreneurs en quête de sens (quelques exemples ici, , ou encore ici et ). Le sondage de l’Avise indique par ailleurs que les jeunes seraient les plus déterminés à postuler dans une entreprise sociale (75% contre 63% de la population totale).

Savoir ensuite ce que l’on entend par le terme de « jeunes ». Plutôt que de vouloir toucher les 12-25 ans dans leur totalité, pourquoi ne pas concentrer nos efforts sur ceux qui s’apprêtent à se lancer sur le marché du travail pour leur démontrer que d’autres formes d’entrepreneuriat et de travail existent. Je suis toujours marqué par la réaction du « djeun’s » qui découvre la formule Scop. C’est d’abord inconcevable pour lui que des salariés puissent élire leur dirigeant, puis, une fois le concept mieux appréhendé, l’idée de travailler dans une Scop devient très alléchante…

Pour finir – et c’est là le plus gros challenge pour les acteurs de l’ESS – il faut adopter un langage accessible et imaginer des formats d’intervention et de sensibilisation originaux… en d’autres termes casser les codes. Fini les discours complexes sur les valeurs. Nous devons faire preuve d’un langage pragmatique : parler salaires, perspectives d’évolution, conditions de travail confortables, etc. On ne pourra faire l’économie d’une simplification du discours et il nous faudra oublier les querelles de courants (économie sociale et solidaire vs. entrepreneuriat social par exemple). Optons pour des témoignages d’entrepreneurs sociaux auxquels les jeunes peuvent facilement s’identifier, mêlons ambiance festive et actions de sensibilisation, ouvrons les portes d’entreprises qui peuvent séduire les jeunes… Bref apportons les preuves très concrètes qu’une autre économie existe et que les jeunes d’aujourd’hui devront en être les acteurs innovants de demain.

Pour aller plus loin et avoir des idées d’actions pour sensibiliser les jeunes à l’ESS :

et…

D’abord déterminer de quoi on veut leur parler. Il est illusoire de vouloir sensibiliser les jeunes à l’ESS par le seul biais de la consommation responsable. Quand on a 15, 18 et même 25 ans, cela reste difficile de tourner le dos à la consommation de masse et aux marques tant elles participent au sentiment d’appartenance à un groupe ou une communauté… L’angle du « travailler et entreprendre autrement » me semble par conséquent le plus intéressant à exploiter. On ne compte plus les études ou les articles de presse qui décrivent la génération Y et les digital natives comme des futurs salariés et entrepreneurs en quête de sens (quelques exemples ici, là, ou encore ici et là).
Savoir ensuite ce que l’on entend par le terme de  « jeunes ». Plutôt que de vouloir toucher les 12-25 ans dans leur totalité, pourquoi ne pas concentrer nos efforts sur ceux qui s’apprêtent à se lancer sur le marché du travail pour leur démontrer que d’autres formes d’entrepreneuriat et de travail existent. Je suis toujours marqué par la réaction du « djeun’s » qui découvre la formule Scop. C’est d’abord inconcevable pour lui que des salariés puissent prendre part à la gouvernance d’une entreprise, puis, une fois le concept mieux appréhendé, l’idée de travailler dans une Scop devient très alléchante…
Pour finir – et c’est là le plus gros challenge pour les acteurs de l’ESS – il faut adopter un langage accessible et imaginer des formats d’intervention attrayants. On ne pourra faire l’économie d’une simplification du discours et il nous faudra oublier les querelles de courants (économie sociale et solidaire vs. entrepreneuriat social par exemple). Optons pour des témoignages d’entrepreneurs sociaux auxquels les jeunes peuvent facilement s’identifier, mêlons ambiance festive et actions de sensibilisation, ouvrons les portes d’entreprises qui peuvent séduire les jeunes… Bref apportons les preuves très concrètes qu’une autre économie existe et que les jeunes d’aujourd’hui devront en être les acteurs innovants de demain.

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Ecotrip WebTV : la web télé durable québécoise

13/07/2010

Après avoir sillonné le Québec pour mettre en avant des initiatives vertes et durables et avoir créé un blog dédié au développement durable positif, Ecotrip lance aujourd’hui sa Web télé durable. Pendant la période estivale, Aude et Math, les co-fondateurs de l’organisme, nous proposent 6 reportages sympa, pédagogiques et légers (pour ne pas dire raffraîchissants) sur le verdissement urbain, la conso responsable, la gestion des matières résiduelles, la mode éthique, l’eau et les transports durables.

Cette initiative a ceci d’intéressant que Mathieu et Aude ne sont pas à la base des écolo militants mais des communicants “conscientisés” et surtout spécialisés dans le web. Cette marque de fabrique se retrouve dans les reportages et autres productions d’Ecotrip qui sont toujours très accessibles et jamais culpabilisants… ce qui permet de toucher davantage les citoyens et avoir un impact sur leurs pratiques.

Je vous laisse regarder le premier épisode de cette webTV qu’on espère TRES durable :

Et pour en savoir plus sur la démarche des fondateurs d’Ecotrip, écoutez une interview de Math :

Et toujours : le blog d’Ecotrip

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Rendez-vous des entrepreneurs sociaux à Montréal : inscrivez-vous !

23/04/2010

Le 1er juin prochain, l’INM et ses nombreux partenaires de l’économie sociale et solidaire organisent le premier rendez-vous des entrepreneurs sociaux. Les acteurs incontournables de l’innovation sociale québécoise ont concocté un programme très alléchant.

Le Rendez-vous des entrepreneurs sociaux, c’est en effet :

  • Des recettes de succès, tels que Communauto, les CPE ou l’Accorderie,
  • Des conférenciers prestigieux qui dévoilent comment avoir un impact social sur la société et être acteur du changement,
  • Des partages d’expériences, de conseils et de connaissances de centaines de participants.

Pour accéder au programme détaillé, c’est par ici. N’attendez plus : vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire sur le site de l’événement!

Et pour vous faire patienter jusqu’au mois de juin, voici une petite vidéo…

Le Rendez-vous des entrepreneurs sociaux from INM – Institut du Nouveau Monde on Vimeo.

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Le Chantier de l’économie sociale lance son bulletin économique

08/02/2010

Momentum-bulletin-economiqueCe début d’année 2010 est synonyme de nouveautés pour le Chantier de l’économie sociale. Après avoir relifté efficacement son site Internet, l’organisation de promotion de l’ESS québécoise a publié cette semaine son premier bulletin économique, baptisé Momentum. L’objectif de ce support est d’apporter un éclairage sur les réalités économiques auxquelles sont confrontées les entreprises de l’ESS et de clarifier le rôle qu’elles jouent dans l’économie québécoise.

Au sommaire : un aperçu des tendances 2010 pour le troisième secteur québécois, la stabilité et la pérennité des entreprises de l’économie sociale ou encore une mise au point sur la thématique des subventions publiques dont bénéficient les acteurs de l’ESS québécoise.

Le principe de ce bulletin est vraiment intéressant puisqu’il permet de positionner l’économie sociale québécoise comme un acteur incontournable de la structure socioéconomique du Québec, au même titre que les secteurs privés et publics. Cependant, je m’interroge sur le registre de communication qui est utilisé dans cette publication. En effet, à la différence des bulletins économiques ‘classiques’, Momentum est, à mon sens, partial pour ne pas dire militant.

Il laisse entendre que les entreprises d’économie sociale sont la panacée en matière de gouvernance, de mode de fonctionnement ou encore d’efficacité économique et dépeint l’entreprise privée de manière un peu caricaturale (elle serait par exemple étrangère à la gestion transparente). Je me demande si ce mode de communication qui consiste à opposer structure de l’économie sociale et entreprise classique est efficace. Il aurait été tout aussi pertinent de se limiter à exposer objectivement les forces économiques, sociales et financières des acteurs de l’ESS plutôt que de brocarder au fil des pages le modèle de l’entreprise privée. Bref, pourquoi ne pas avoir opté uniquement pour une communication positive par la preuve ?

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L’Itinéraire en campagne

23/12/2009

logo-itineraireJe n’ai pas encore eu l’occasion (mais surtout le temps) de consacrer un billet à l’Itinéraire. Pourtant ce groupe d’économie sociale est sans doute l’un des plus actifs (et l’un des plus visibles) de Montréal. Sa mission est “d’accroître l’autonomie, le savoir et la créativité des personnes qui connaissent des difficultés liées à la marginalité et à l’itinérance”.

pub itineraireSon produit “phare” est le magazine l’Itinéraire, qui est un journal de rue – un peu comme Macadam, en France – dont l’objectif est de permettre aux SDF, toxicomanes et sans emploi de se réinsérer socialement (par la vente du magazine, mais également par la rédaction d’articles, du coaching et un accompagnement psychosocial). Le magazine papier a son pendant numérique avec le magDVD Le 3e Œil qui permet à des jeunes de la rue âgés entre 18 et 30 ans de se réinsérer par le multimédia. A cela vient s’ajouter le Café L’Itinéraire qui est considéré comme la porte d’entrée du Groupe. Les personnes en difficultés peuvent venir y manger à peu de frais (4$ pour un repas complet).

Si je parle de l’Itinéraire aujourd’hui c’est qu’il vient de lancer une campagne de publicité à l’occasion de ses 15 ans. Le Groupe a en effet fait appel à une prestigieuse agence de pub montréalaise (l’agence Bos) pour prendre la parole en télé, en presse et sur les murs de la métropole québécoise. Le résultat : des annonces simples, efficaces et positives signées “Faites un bout de chemin avec nous!“. Notons que si le Groupe a pu s’offrir cette campagne pluri-media c’est qu’il est particulièrement actif pour accroître sa capacité d’autofinancement (collecte de fonds, vente d’espaces publicitaires, produits dérivés, etc.).

Je vous laisse juger de la campagne télé :

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Pour un Noël écologique et… solidaire !

22/12/2009

Noel solidaireCette année encore, le Chantier de l’économie sociale et Equiterre, organisme de défense de l’environnement se sont associés pour promouvoir l’idée d’un Noël responsable et solidaire. Le but cette campagne commune est simple : aider les citoyens à fêter Noël en consommant mieux… et moins. Les deux organismes nous proposent ainsi des trucs et astuces pour réduire notre impact environnemental pendant les fêtes de fin d’année et nous orientent vers des entreprises d’économie sociale pour nos achats de Noël.

Le site Internet d’Équiterre présente de son côté une foule d’idées de cadeaux écologiques, équitables et solidaires; des tuyaux pour décorer et emballer autrement, et des conseils pour recevoir à la maison de façon responsable.

Le Chantier de l’Economie sociale propose quant à lui une panoplie d’idées cadeaux en provenance directe d’entreprises collectives et sans but lucratif par l’intermédiaire du site www.achetersolidaire.com.

Cette campagne est à mon sens très efficace puisqu’elle permet de sensibiliser très concrètement le grand-public à l’économie sociale et solidaire (et accessoirement d’intéresser les médias). Pas besoin de faire appel à des concepts complexes pour expliquer ce qu’est l’ESS : les exemples et idées cadeaux donnés par le Chantier parlent d’eux-mêmes. Ils montrent bien que les entreprises d’économie sociale et solidaire exercent dans tous les secteurs d’activités et qu’il est possible de se tourner vers elles pour mieux consommer…

Pour en savoir plus :
Rendez-vous sur le
site de la radio CIBL pour écouter l’interview de Jacques Hérivault, responsable des communications stratégiques au Chantier de l’économie sociale, et d’Amélie Ferland, chargée de projet aux communications et responsable à la consommation responsable chez Équiterre.

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Ecto concilie coworking et coopérative

02/12/2009

AccueilLe Québec compte plus de 500 000 travailleurs autonomes. Même si ce statut inspire souvent admiration et alimente beaucoup de fantasmes (ah… la figure de l’entrepreneur !), la vie de ces travailleurs indépendants n’est pas toujours rose. Ces « SBF » – pour « Sans Bureau Fixe » – sont souvent confrontés à l’isolement professionnel. Ajoutez à cela des espaces de travail souvent mal adaptés à leurs activités – puisqu’ils travaillent souvent de leur domicile – des réunions improvisées au café du coin et la paperasserie administrative à gérer et vous constaterez que la vie du SBF n’est pas tous les jours facile. C’est pour améliorer le quotidien des travailleurs autonomes et favoriser leurs interactions qu’a été créée ECTO. Découverte de cet espace de coworking ET coopérative de solidarité sur communication-solidaire…

Ouvert depuis quelques mois, ECTO est un lieu de coworking, ou en bon français, un espace de travail partagé. Situé en lieu et place de l’ancienne phonothèque de Montréal, en plein cœur du Plateau Mont-Royal, ECTO propose des équipements et des services (salle de réunion, Internet, impressions, rangements et même café et muffins !) à des travailleurs autonomes, des consultants, des représentants… bref à tous ces « travailleurs nomades urbains » qui n’ont pas de lieu de travail fixe. Espace entièrement modulable et ouvert, meubles ergonomiques, cuisine chaleureuse, canapés confortables… tout est fait pour accueillir de façon optimale le « SBF » esseulé.

Coin cosyECTO n’est pas le premier espace de coworking à Montréal et au Québec, mais c’est bien le seul à avoir opté pour le modèle coopératif. « Pour nous, il a toujours été clair qu’ECTO serait une coop, ça ne pouvait être autrement » explique Samantha Slade, co-fondatrice d’ECTO et de Percolab, entreprise sociale. « Dès les premières réunions de travail, les créateurs d’ECTO se sont retrouvés autour de valeurs comme la démocratie, l’ouverture ou encore la transparence » ajoute Diane Ouellet, elle aussi co-fondatrice de la coop. Des valeurs qui convergeaient toutes vers le modèle coopératif et son mode de gouvernance partagé. Dès les prémices d’ECTO, les fondateurs choisissent d’ailleurs d’ouvrir les réflexions au plus grand nombre en créant un wiki sur internet où chacun peut apporter ses propres idées et contributions.

Poètes, philosophes et designers
Deux ans après le lancement de ce wiki, ECTO a ouvert ses portes et compte aujourd’hui plus de 20 membres utilisateurs. Car pour pouvoir utiliser l’espace d’ECTO, il faut bien entendu devenir membre de la coop. « Cela rend le travailleur socialement responsable » souligne Diane. Pour être en phase avec ses valeurs, ECTO refuse de se positionner sur un secteur professionnel spécifique comme peuvent le faire d’autres espaces de coworking montréalais. Ici, une illustratrice de livres pour enfants côtoie un poète, un philosophe spécialiste du multimédia échange avec un consultant en communication et une rédactrice peut découvrir les rêves les plus fous d’un designer. « Cela crée des opportunités, explique Samantha avec enthousiasme, je suis convaincue qu’en étant membre d’ECTO, le travailleur autonome connaîtra davantage de succès professionnels car ici, réseautage, discussions et échanges sont favorisés ! ».

Au-delà des avantages indéniables qu’ECTO apporte aux travailleurs autonomes, la coop entend être actrice de la vie économique, démocratique et culturelle locale. L’espace de travail a ainsi été conçu par une designeuse habitant le quartier, et certains meubles ont été dessinés et élaborés par des artisans montréalais. ECTO accueille également le Café des connaissances et a été le lieu du dernier Yulcamp consacré à la culture alimentaire. Des 5 à 7 professionnels y sont aussi organisés par la CDEC Centre-Sud / Plateau Mont-Royal, partenaire privilégié de la coop.

On l’aura compris, ECTO est bien plus qu’un simple espace partagé de travail. Organisation d’économie sociale, elle contribue au dynamisme économique local et permet à des travailleurs autonomes de se consacrer plus sereinement et efficacement à leurs activités. En phase de démarrage, la coop a besoin de membres pour assurer à ses projets tout le succès qu’ils méritent. Alors, pourquoi n’iriez-vous pas vous installer confortablement dans les canapés d’ECTO pour envoyer votre prochain mail à votre client préféré ?


Pour en savoir plus…

Découvrez ECTO en images.

Visionnez un entretien avec Samantha Slade et Diane Ouellet, membres d’ECTO

Contactez ECTO :
http://ecto.coop
880 rue Roy Est
Montréal Québec H2L 1E6
info@ecto.coop
+1 514 564-8636
Pour s’y rendre

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La santé en mode coopératif

02/11/2009

cooperative-de-santeSuite de la série consacrée à l’économie sociale québécoise avec un concept innovant : celui de la coopérative de santé. Phénomène marginal il y a encore quelques années, la coop de santé devient une réalité sociale au Québec. Ce modèle qui permet au citoyen d’accéder aux services de santé tout en lui donnant la possibilité de s’investir dans la gestion de ce centre sanitaire d’un genre nouveau est une des réponses à la dégradation du système de santé québécois.

Manque de généralistes, médecins de famille inaccessibles, longues heures d’attente (et de patience) pour se faire soigner… le système de santé québécois est grippé. Il manquerait 800 médecins de famille au Québec pour pouvoir répondre aux besoins de la population. Certaines zones rurales sont d’ailleurs devenues de véritables déserts médicaux. Face à cette situation critique, les citoyens ont, comme c’est souvent le cas dans la Belle Province, décidé de prendre les choses en main. C’est ainsi qu’une vingtaine de coopératives de santé a vu le jour un peu partout au Québec depuis 1996 et que quinze autres sont actuellement en phase de démarrage.

Le principe de la coopérative de santé est identique à celui des autres coop : elle appartient à ses membres (souvent de ‘simples’ citoyens), qui en ont acquis une part sociale et en assurent la gestion et l’administration. L’objectif pour les membres est de se doter d’un service de santé de proximité, mais la mission de la coop de santé va souvent au-delà. « Les coop offrent bien entendu des soins de première ligne, mais une grande partie d’entre elles proposent également des services de prévention à la santé » explique Benoît Caron, Directeur général de la Fédération des coopératives de services à domicile et de santé du Québec (FCSDSQ). Certaines coop offrent ainsi à leurs membres des ateliers de sensibilisation – à la nutrition ou au diabète, par exemple – et il n’est pas rare qu’ostéopathes, nutritionnistes, ou psychologues travaillent aux côtés des médecins généralistes. La coop devient ainsi « un carrefour de santé qui délivre de nombreux services curatifs et préventifs», indique Benoît Caron.

Patients responsables
Autre rôle positif assuré par la coop de santé : elle incite le citoyen-membre à devenir acteur de sa propre santé et de celle de sa communauté. Bref, elle responsabilise le patient… un argument qui séduit bon nombre de médecins qui préfèrent avoir affaire à un patient responsable plutôt qu’à un consommateur de soins. Enfin, selon le Directeur de la FCSDSQ, « les coopératives de santé contribuent à une meilleure répartition des médecins sur le territoire québécois, puisqu’elles les incitent à venir s’installer là où ils n’auraient pas été s’il n’y avait pas eu ce type d’infrastructures citoyennes ».

Encadré FCSDSQ copieA lire ces quelques lignes, on pourrait penser que la partie est gagnée pour la coopérative de santé et qu’elle pourrait rapidement devenir LA solution aux maux du système de santé québécois. Pourtant les défis restent nombreux pour ce modèle coopératif. Il lui faudra ainsi convaincre que le fait de payer une cotisation pour devenir membre ne remet pas en question le principe d’égalité d’accès aux soins. En d’autres termes, et comme l’impose la loi, que les soins de première ligne sont accessibles tant aux membres qu’aux non-membres de la coopérative de santé. Ce qui, a en croire quelques articles, n’est pas toujours le cas.

L’autre défi de taille pour les coopératives est d’attirer les médecins généralistes dans des zones rurales, ce qui là encore n’est pas évident. Enfin, comme toute entreprise, la coop de santé doit trouver des ressources financières et se doter d’un solide plan d’affaires pour assurer sa viabilité économique.

Pourtant, ces nombreux challenges ne semblent pas décourager les citoyens déterminés à mettre sur pieds des coop de santé pour leur communauté. Certains d’entre eux ont même décidé d’en développer en milieu urbain, à l’image des habitants du quartier montréalais de Villeray. Ces derniers travaillent depuis plus d’un an à la création d’une coopérative pour palier le manque de services de santé auquel sont confrontés les habitants du quartier : une première pour la métropole québécoise !


Pour ceux qui souhaitent écouter l’interview de M. Benoît Caron, Directeur général de la Fédération des coopératives de services à domicile et de santé du Québec (FCSDSQ), voici les mp3 sous forme de “3 Questions à” :

  • Qu’est ce qu’une coopérative de santé ?

  • En quoi une coop de santé est-elle une entreprise d’économie sociale ?

  • Quels sont les défis d’avenir pour les coop de santé ?


Et pour aller plus loin…

  • Accédez au portrait statistique des coopératives de santé réalisé par la FCSDSQ
  • Découvrez la coop de santé Villeray en accédant à son blog et à un article qui lui est dédié.

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