Archive

Archives pour la catégorie ‘Finance solidaire’

Les banques coopératives communiquent (plus ou moins bien)

19/07/2010

Ca fait pas mal de temps que je veux en parler, alors je me lance… Aujourd’hui, billet d’humeur sur la « nouvelle » campagne de com du Crédit coopératif qui, je l’avoue, m’a déçu. Je vous laisse admirer :

Selon moi, cette campagne peut difficilement toucher le grand-public. Je m’explique. Voulant délivrer un message didactique pour convaincre, elle devient complexe voire illisible (trop de texte tue le texte, non ?). Elle entend jouer sur les valeurs de la banque coopérative, mais en vient à donner des leçons (cf. le « J’en ai marre de penser qu’à moi », on ne peut plus culpabilisant). Et ne parlons pas de la bichromie qui donne une allure de tract syndical à cette campagne qui a tout de même tapissé les murs du métro parisien. Enfin, le principe du crayonné met trop de distance entre « Marie », « Olivier » et le lecteur qui ne peut, de fait, s’identifier à eux.

Bref, si l’objectif de ces pubs était de prêcher des convertis, c’est réussi. En revanche, pour attirer des personnes qui ne sont pas sensibilisées à l’épargne solidaire ou au modèle coopératif, il faudra repasser. Cette campagne de com’ ne travaille pas en faveur de l’économie sociale et solidaire qui est – encore et toujours – dépeinte comme un concept pas très fun, compliqué à appréhender, réservé à des initiés.

Bon, je ne peux pas conclure ce billet sur une note aussi critique. Non, parce qu’il y a des acteurs de l’ESS qui communiquent efficacement : le Crédit mutuel avec sa dernière campagne, par exemple.

Ces clips (réalisés par l’Agence H) mettent très bien en avant les bénéfices que peuvent tirer les clients – pardons les sociétaires – des services et des valeurs des banques coopératives. Pas besoin de longs discours, la preuve par l’exemple et l’humour suffit.

Pour ceux qui souhaitent devenir fan du Crédit coopératif sur Facebook (parce que niveau réseaux sociaux, ils sont quand même bons au Crédit coop), c’est ici.

Campagnes de com, Coopératives, Finance solidaire, Humeurs , ,

ACEM ou l’investissement éthique à la québécoise

10/09/2009

Logo-ACEMQuel est le point commun entre L’Autre Montréal, collectif d’animation urbaine et touristique, La Nésamarie, salon de beauté montréalais, et Interim-Santé, agence de placement dans le domaine de la santé ? Tous ont bénéficié d’un prêt et d’un accompagnement de la part d’ACEM, Association Communautaire d’Emprunt de Montréal. Depuis 20 ans, cette association octroie des crédits à des personnes à faible revenu ou à des organismes communautaires pour les aider à développer un projet entrepreneurial. L’objectif : lutter contre la pauvreté et l’exclusion.

« ACEM a été créée à la fin des années 1980 pour offrir du capital de développement économique aux personnes pauvres et aux quartiers dévitalisés, explique Anne Kettenbeil, Directrice exécutive de l’association. A cette époque, chercheurs et animateurs communautaires menaient une réflexion collective pour trouver des solutions aux situations de précarité dans le quartier du Grand Plateau ».

Depuis, ACEM n’a pas chômé : elle a appuyé plus de 200 projets générateurs d’emplois ou de services locaux. Concrètement, cet appui prend la forme de microcrédits allant jusqu’à 20 000 $. « Mais le microcrédit ne représente qu’une partie de nos activités précise Anne Kettenbeil. Nous accordons également des prêts ‘ponts’ de 50 000 $ et proposons un suivi et un accompagnement personnalisés avant, pendant et après la mise en place des projets ».

Les initiatives soutenues par ACEM évoluent sur de nombreux secteurs d’activités (services, culture, environnement…) et sont en général mises sur pieds par des personnes davantage exposées à la précarité : femmes, jeunes ou encore personnes immigrantes. ACEM accorde également des prêts à des entreprises d’économie sociale ainsi qu’à des organismes communautaires. « Tous les projets appuyés par ACEM doivent avoir un impact social positif », résume Anne Kettenbeil.

Une source de crédits enracinée dans la communauté
L’originalité d’ACEM réside aussi dans la constitution de son capital. Ainsi, les fonds utilisés pour financer les prêts proviennent directement de « simples » citoyens soucieux de réaliser des investissements socialement responsables, de fondations, d’organismes religieux, ou encore de syndicats… Et c’est très certainement ce qui fait la force de l’association. « Les personnes auxquelles nous accordons des prêts savent que l’argent est issu de la communauté, explique la Directrice exécutive. Nous travaillons tous dans une logique de partenariat et de solidarité». D’ailleurs, les personnes soutenues par l’association financent indirectement d’autres projets : l’argent généré par le remboursement des emprunts des crédits est directement réinjecté dans d’autres initiatives. On comprend donc pourquoi le taux d’intérêt des prêts – qui est fixé à 10% – est ici appelé « taux de solidarité ».

Encadré RQCCEt la pérennité des initiatives appuyées par ACEM dans tout ça ? « Les entreprises financées par l’association ont un taux de survie important grâce à l’accompagnement que nous leur offrons, explique Anne Kettenbeil. Mais le développement d’une entreprise n’est qu’un moyen pour lutter contre l’exclusion, rappelle-t-elle. La création d’entreprise doit permettre d’acquérir de l’expérience, de développer des compétences et de renforcer l’estime de soi. Si quelqu’un décide d’abandonner son entreprise pour regagner le marché du travail en tant que salarié, pour nous, cela reste un succès ». Des propos à contre-courant ? Peut-être… mais ils traduisent surtout un positionnement qui a su démontrer toute sa pertinence au fil des années : depuis sa création, ACEM a accordé plus de 2 millions de dollars de prêts, créant et maintenant ainsi plus de 700 emplois.


Pour en savoir plus sur ACEM, rendez-vous sur son site web et visionnez l’interview d’Anne Kettenbeil :

Regardez également le reportage sur l’association diffusé sur CBC :

Screen-Shot-CBC

Pour plus d’informations sur le crédit communautaire :

Finance solidaire, québec , , , ,