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Archives pour la catégorie ‘A l’étranger’

Muhammad Yunus dans les Simpson

02/10/2010

Yunus SimpsonLe 3 octobre prochain, le Professeur Yunus – créateur du micro-crédit, Prix Nobel de la paix et j’en passe – sera la guest star d’un épisode des Simpson. Il donnera à cette occasion une leçon de finance et d’entrepreneuriat social aux habitants de Springfield.

Cette apparition dans une des séries les plus populaires des 20 dernières années n’est pas qu’anecdotique. Elle confirme la popularité de Muhammad Yunus  et de son approche de l’économie à l’échelle internationale. Un signe encourageant pour le micro-crédit et l’entrepreneuriat social. A quand Maria Nowak et l’Adie aux Guignols de l’info ?

Au-delà du micro-crédit, Muhammad Yunus est à l’origine de nombreux projets d’entrepreneuriat social. Pour en savoir plus, je vous conseille cet article paru il y a quelques jours dans La Presse ainsi que celui-ci publié dans Le Devoir (où l’on apprend que le Prix Nobel souhaiterait faire profiter les communautés autochtones canadiennes du principe du micro-crédit). Et pour suivre l’actualité du Professeur Yunus, rejoignez la Page Facebook du Yunus Center.

Et pour regarder l’épisode, rendez-vous sur les-simpsons.me.


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Le secteur privé, l’avenir de l’ESS (?)

25/09/2010

Soyons honnêtes, chez les acteurs de l’économie sociale et solidaire comme ailleurs, certains clichés ont la vie dure. L’idée selon laquelle le secteur privé serait le mal absolu (j’exagère à peine) et qu’il ne serait bon qu’à faire du green-washing et à récupérer les bonnes idées des innovateurs sociaux en est un parfait exemple. Pourtant, des ponts sont à construire entre le monde de l’entreprise et l’économie sociale et solidaire. C’est inévitable : le privé va devenir l’une des sources incontournables de financement de l’ESS. Les acteurs de l’économie sociale et solidaire vont par conséquent devoir se rapprocher des entreprises et de leurs fondations. Ils ont certes déjà pris l’habitude d’aller frapper à la porte des « grands » acteurs de l’ESS (Crédit Coopératif, Macif, Maif, etc.), mais il faudra bien passer à la vitesse supérieure.

À ce sujet, on peut dire ce que l’on veut, mais l’Amérique du Nord est un territoire où le monde de l’entreprise et le secteur associatif ont appris travailler l’un avec l’autre en bonne intelligence. Lors de mon année au Québec, j’ai d’ailleurs découvert des partenariats très fructueux entre business et non-profit. En voici quelques exemples qui pourraient être des sources d’inspiration.

Gaz Métro contre le décrochage scolaire dans un quartier
80-ruelle-de-l-avenirGaz Métro, principal distributeur de gaz au Québec, a investi plusieurs millions de dollars dans le 80, ruelle de l’Avenir. Destiné aux jeunes des quartiers défavorisés de Centre-Sud et Hochelaga-Maisonneuve à Montréal, le 80, ruelle de l’Avenir vise à contrer le décrochage scolaire chez les jeunes par l’acquisition de connaissances transversales. Ce lieu éducatif et associatif fournit aux enfants et aux ados les moyens de développer leur potentiel dans de multiples domaines. Il comprend ainsi un studio multimédia, un atelier Internet, une salle de danse, un centre des arts et des sciences, un laboratoire d’horticulture, une cuisine… Tous ces services sont offerts grâce à l’engagement de Gaz Métro. Le distributeur de gaz a en effet fait appel à ses clients et à ses salariés pour lever des fonds ou fournir des services pro bono aux acteurs associatifs à l’origine du 80, ruelle de l’Avenir.

Maison du développement durable : 5 millions sur 5 ans
Equiterre, organisme environnementaliste québécois, et huit autres associations ont eu une idée folle : bâtir en plein cœur de Montréal la Maison du développement durable, futur pôle d’information, d’éducation et d’innovations du développement durable. Pour financer en partie ce projet estimé à plus de 25 millions de dollars, Equiterre s’est tourné vers le monde des affaires pour trouver pas moins de 5 millions d’ici 2012. Et la sauce prend : Rona (l’équivalent de Leroy Merlin), Bell (le France Telecom québécois) ou encore Desjardins (LA banque coopérative de la Belle Province) ont d’ores et déjà confirmé leur investissement financier et humain dans l’opération.

La Tablée des chefs ou comment mobiliser les entreprises autour de la redistribution alimentaire
L’idée de Jean-François Archambault, fondateur de la Tablée de chefs est simple : récupérer les ‘restes’ alimentaires des événements d’envergure et les réinjecter dans les banques alimentaires pour distribuer la nourriture aux personnes dans le besoin. Cet entrepreneur social a réussi à fédérer les plus grandes entreprises québécoises (Banque nationale, Rona, Desjardins, SAQ, etc.) autour des missions de son association. Chaque année, ces firmes mettent la main au porte-monnaie pour soutenir la Tablée des chefs. Les investissements annuels atteignent plusieurs milliers de dollars, sans compter l’implication des salariés du privé dans le projet de Jean-François Archambault.

Des exemples comme ceux-ci, il y en a des dizaines (pour ne pas dire des centaines) au Québec. Ce qui est intéressant, c’est que les associations d’échelle nationale tout comme les petites associations de quartier ont appris à nouer des partenariats gagnant-gagnant avec le monde de l’entreprise. On trouve d’ailleurs des responsables de l’action communautaire (comprenez ‘vie associative’) dans de nombreuses entreprises québécoises. Leur rôle : être branché en permanence aux acteurs associatifs pour repérer les projets sociaux émergents et déterminer lesquels d’entre eux recevront ou pas le soutien financier et humain de leur entreprise.

Ne vous méprenez pas : l’idée n’est pas de plaquer ce mode de fonctionnement au système français. Mais la situation étant ce qu’elle est (constante diminution des financements publics), les acteurs de l’ESS vont devoir mettre de côté leurs beaux idéaux pour renouer avec un peu de pragmatisme. D’autant que les entreprises françaises s’intéressent de plus en plus aux acteurs de l’économie sociale et solidaire et peuvent leur apporter un véritable soutien financier et logistique.

trophees-des-assoDernier exemple français en date : la Fondation EDF Diversiterre et ses Trophées des associations. Avec cette opération, la fondation récompense les petites associations dont l’action locale bénéficie aux moins de 26 ans. 300 000 euros sont répartis entre 30 associations, les premières d’entre elles recevant la coquette somme de 20 000 euros. Avec les Trophées des Associations, la Fondation EDF Diversiterre souhaite « encourager le travail de ces acteurs locaux et de leurs responsables associatifs qui dans l’ombre font un travail indispensable ».
L’originalité des Trophées réside dans la volonté de proximité, les fondations françaises nous ayant surtout habitués à soutenir les « grosses » ONG ou associations (cf. par exemple SFR qui soutient actuellement Emmaüs dans le lancement d’une offre mobile solidaire). Avec les Trophées des Associations, il s’agit de porter l’attention sur les petites structures locales « qui ne demandent qu’à développer leurs actions, et d’inciter le tissu des bénévoles à poursuivre leurs initiatives à travers la France ». Car nouveauté 2010, les associations qui s’inscriront aux Trophées pourront faire part de leur besoin en bénévoles via le site de l’opération. Autre nouveauté 2010 : les salariés d’EDF volontaires vont devenir les parrains des associations récompensées, histoire de nouer des liens durables entre les lauréats et l’entreprise.

ashokaPour conclure sur le sujet, je parlerai d’Ashoka Support Network (ASN). Imaginé par Ashoka France, ASN est la preuve concrète que le monde de l’entreprise est prêt à collaborer activement et de manière originale avec le tiers secteur. Le principe en est simple : les membres d’ASN – des dirigeants d’entreprise, des consultants, des avocats, etc. – apportent un soutien financier (minimum 10 000 € par an pendant 3 ans) à Ashoka et conseillent les entrepreneurs sociaux sur le développement de leur activité. En retour, les membres d’ASN ont accès à des voyages d’étude pour aller à la rencontre d’innovateurs sociaux étrangers et peuvent permettre à leurs enfants de réaliser des stages chez des Fellows d’Ashoka. Un moyen de sensibiliser les nouvelles générations et le monde des affaires à d’autres modes d’entrepreneuriat.

Les frontières (pour ne pas dire les barrières) entre le secteur privé et l’ESS tombent donc peu à peu. Il faut s’en réjouir et imaginer des modes de collaboration originaux avec les entreprises. Laissons de côté les postures idéologiques pour imaginer l’économie sociale et solidaire de demain : une ESS moins dépendante de l’obole publique, toujours plus créative et résolument pragmatique.

Pour les acteurs associatifs souhaitant concourir aux Trophées des associations ou pour les personnes qui souhaitent recommander leur association préférée, c’est ici et c’est jusqu’au 10 décembre prochain.

Pour approfondir le sujet sur la philanthropie au Québec, je vous conseille le blog La Fontaine de pierres.

Et pour plus d’infos sur la Venture philanthropy qui se développe de plus en plus aux USA, voici un billet que j’avais écrit il y a quelques temps.

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La com’ à l’italienne

18/08/2010

logo-unicoopfirenzeDe retour de Toscane, je partage avec vous une campagne de communication découverte au détour des rues florentines. Il s’agit d’une campagne d’affichage pour Unicoop Firenze, coopérative de consommateurs qui compte plus d’un million de sociétaires et une centaine de points de vente (hypermarchés, supermarchés et supérettes). Pour faire simple, l’objectif de cette énorme coopérative est de permettre à ses sociétaires d’accéder à des biens de consommation à des prix raisonnables. Mais dans la pub en question, pas de discours sur les prix ni d’offres promotionnelles. La preuve en images :

Unicoop Firenze

« Nous aidons la Toscane à croître, depuis toujours. »

Avec ce slogan et ce visuel qui rappelle les paysages toscans, Unicoop veut mettre en avant sa contribution à l’économie locale et à la création d’emplois ainsi que son ancrage territorial. Sur le site Internet de la coopérative, on obtient une explication de texte : environ 25% des acquisitions faites par Unicoop viennent directement de fournisseurs toscans. Ces achats (qui représentent plus de 400 millions d’euros) sont réalisés auprès de 725 entreprises locales et génèrent 18 000 emplois directs et indirects dans la région.

Loin des discours sur le pouvoir d’achat, les soldes et l’hyperconsommation auquel nous a habitués la grande distribution, Unicoop opte pour une campagne de communication institutionnelle et apporte ainsi la preuve que l’économie sociale participe de manière très concrète au dynamisme économique d’une région. Et ce en toute simplicité et sur des panneaux 4 par 3…

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« L’économie solidaire n’est pas une idéologie ! »

13/04/2009

eric-lavilluniere-2Cette année, le 4ème forum « Globalisation de la Solidarité » se tiendra au Luxembourg du 22 au 25 avril et s’intitulera LUX09. Ces rencontres s’intéresseront aux innovations de l’économie sociale et solidaire. J’ai interrogé Eric Lavillunière, coordinateur général de l’événement et chargé de direction de l’Institut Européen de l’Economie Solidaire (INEES). A quelques jours de LUX09, voici le fruit de nos échanges.

Vous qui avez une vision internationale de la situation, pouvez-vous nous dresser un panorama de l’économie solidaire dans le monde ?
A l’échelle mondiale, les situations sont très différentes. En Amérique latine – Brésil en tête -, l’économie solidaire a toute sa place et sa légitimité. Il existe par exemple des plateformes nationales d’économie solidaire et les politiques publiques de soutien y sont une réalité. Au Canada, pour ne pas dire au Québec, le contexte est également favorable grâce à des politiques publiques de recherche, à des acteurs puissants et au développement économique communautaire, qui est une notion qu’on ne développe pas trop en Europe.

Pour l’Afrique, c’est un peu plus compliqué. On voit bien qu’il y a de plus en plus de coopératives qui se développent. Mais les difficultés à s’organiser de façon autonome sont réelles. Les organisations d’économie solidaire sont souvent sous perfusion économique des ONG. Ce qui est encourageant, c’est qu’au niveau des initiatives, ça bouge vraiment !

L’Asie, quant à elle, s’éveille par l’entrée « commerce équitable ». Elle est très active notamment en Inde, au Népal ou aux Philippines. D’ailleurs les prochaines rencontres « Globalisation de la Solidarité » se feront aux Philippines.

Enfin, parlons de l’Europe et de ses grandes disparités… Si l’on regarde au niveau des politiques publiques nationales, c’est le désert. Aujourd’hui, aucun pays n’a de politique en faveur de l’économie solidaire digne de ce nom. A part peut-être le Luxembourg, qui est centré essentiellement sur les initiatives pour l’emploi. En revanche, au niveau local, dans les pays latins, la reconnaissance de l’économie solidaire s’accroît. En France, comme en Italie, en Espagne ou encore en Belgique, il existe des élus à l’économie solidaire avec des politiques de soutien des réseaux. C’est plutôt positif. L’enjeu à présent est de sensibiliser les pays du Nord et de l’Est à l’économie solidaire.

L’un des objectifs des rencontres « Globalisation de la solidarité » est d’augmenter la légitimité institutionnelle de l’économie sociale et solidaire. 10 ans après les premières rencontres de Lima, diriez-vous que cet objectif est atteint ?
Comme je l’ai dit, la situation n’est pas la même partout. En tout cas, avec ce contexte de crise mondiale, on pensait que les décideurs allaient commencer à réfléchir autrement. Mais ce n’est pas flagrant. On le voit avec ce qui est sorti du G20. On met les rustines partout où ça fuit et on se crispe sur un modèle que d’aucuns pensent à bout de souffle. L’idée n’est pas de dire qu’il y a un bon modèle et un autre qui est mauvais. Mais on devrait davantage s’interroger !

Le fait que le niveau de reconnaissance de l’économie sociale et solidaire ne soit pas à la hauteur des espérances n’amène-t-il pas à s’interroger sur la capacité des acteurs à valoriser leurs initiatives ?
On peut vraisemblablement améliorer notre façon de communiquer, certes. Mais le problème c’est que nous sommes dans un système où les schémas traditionnels ont complètement imprégné la pensée. Il suffit de voir comment est enseignée l’économie à l’université ou dans les grandes écoles. Il nous faut mener un travail de longue haleine pour que les mentalités changent. Nous devons faire de la pédagogie. 

article-tageblatt

Mais les choses avancent ! Par exemple, au Luxembourg l’économie solidaire a droit à une rubrique tous les quinze jours dans un quotidien national, le Tageblatt. C’est le résultat d’un partenariat que nous avons noué avec le journal. Il faut rester optimiste. 

On sent par ailleurs que nous sommes dans le sens de l’histoire. On le voit bien avec les questions qui se posent sur le développement durable, l’environnement. On ne peut plus continuer avec les vieilles antiennes.
On constate que les choses évoluent également au niveau des acteurs. Par exemple, lors du dernier Forum social de Belém, il y avait un village consacré à l’économie solidaire, de nombreux débats et forums y étaient organisés. Le Forum social mondial a d’ailleurs passé une étape : les participants ne sont plus dans la contestation. Ils réfléchissent à présent aux alternatives économiques.

Quel serait selon vous le discours à adopter auprès des décideurs pour valoriser au mieux l’économie solidaire ?
Il nous faut positionner l’économie solidaire comme le troisième pilier économique. Le discours consiste à dire qu’il y a une série d’activités qui ne sont préemptées ni par le marché, ni par l’Etat, ce qui laisse une place pour des acteurs dont les initiatives citoyennes améliorent la qualité de vie au cœur des territoires. Le challenge est de faire comprendre qu’il ne s’agit pas là de politique sociale mais d’investissement économique. Nous devons donc pouvoir apporter la preuve de ce que génère chaque euro investi dans l’économie solidaire. Pour cela, on ne doit pas avoir peur de faire appel aux indicateurs classiques. On peut très bien dire aux décideurs politiques : « en fonction de vos objectifs de croissance, voila ce qu’investir dans l’économie solidaire peut rapporter ».

Pour finir, pouvez-vous nous en dire davantage sur LUX09 ?
L’ambition de cette édition est de démontrer qu’une autre économie existe. Pour cela nous avons programmé ateliers et plénières sur trois jours. Le 23 avril est ainsi dédié à l’apport d’expériences, à l’illustration par l’exemple. Le jour suivant est consacré aux débats. L’objectif de la dernière journée est de formaliser des propositions concrètes. Nous attendons 1000 participants (dont 200 luxembourgeois, 400 européens et 400 personnes du reste du monde). La priorité n’est pas donnée au nombre mais plutôt à la diversité. Avec LUX09, nous entendons réaffirmer que l’économie solidaire n’est pas une idéologie, mais qu’elle s’appuie sur des pratiques, des penseurs et des acteurs de terrain qui peuvent participer à la refonte d’un système qu’il faut revoir en profondeur.

solidairtv

Cliquer ici pour accéder aux articles sur l’économie solidaire parus dans le Tageblatt (et d’autres médias).

Plusieurs vidéos concernant LUX09 sont disponibles sur SolidairTV (chaîne “Economie sociale”).


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En savoir plus sur la Venture Philanthropy

08/04/2009

En décembre dernier, la French-American Fondation a organisé un voyage d’études aux Etats-Unis (New-York, Washington, San Francisco) pour étudier les nouvelles formes de philanthropie et déterminer si certains des éléments de fonctionnement outre-Atlantique pouvaient être transposés à celui des fondations françaises.

Ce voyage a été l’occasion de rencontrer les acteurs d’un secteur quasiment inconnu en France : la « Venture Philanthropy ». Cette démarche consiste à diffuser dans la philanthropie les pratiques du business et en particulier du capital risque et implique de revoir les pratiques philanthropiques sous l’angle de la performance.

Pour approfondir la question, je vous propose le support présenté lors de la soirée de restitution du voyage ainsi qu’un rapport plus complet.

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50 bloggers en direct du G20

31/03/2009

g20voiceNe serait-ce déjà pas le signe d’un changement ? Alors que les grand-messes internationales nous ont  habitués à des communiqués officiels souvent creux et éloignés de la réalité des débats, le sommet du G20 de Londres marque sa différence.

En effet, 50 bloggers issus d’ONG vont rendre compte en direct de l’avancée des discussions sur le site G20Voice. Ils assisteront ainsi à toutes les tables rondes et auront la possibilité d’interviewer les dirigeants.

Parmi ces 50 reporters d’un genre nouveau qui ont été sélectionnés par la blogosphère, on citera Kumi Naidoo de la Coalition Against Poverty, le chroniqueur économique chinois Rui Chenggang, ou encore le Nigérien, Sokari Ekine.

Au-delà de l’opération de communication que peut constituer G20Voice, cette initiative montre que les lignes bougent et que les bloggers émanant des ONG ont gagné en crédibilité. Ils sont à présent perçus comme de véritables relais d’opinion. Notons cependant que les bloggers invités ne sont pas connus pour être de farouches opposants au système capitaliste. A quand un blogger issu d’ATTAC ou du mouvement syndical présent dans ce type de manifestation ?

Suivre les bloggers sur Twitter, YouTube ou Flickr.

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Le Skoll World Forum on Social Entrepreneurship du 25 au 27 mars à Londres

25/03/2009

La 6ème édition du Skoll World Forum on Social Entrepreneurship se tient actuellement à Londres jusqu’au 27 mars. Il réunit les principaux acteurs de l’entreprenariat social. Près de 750 représentants de plus de 65 pays sont attendus sur le campus de Saïd Business School, l’école de management de l’Université d’Oxford pour échanger sur les solutions innovantes que propose l’entrepreneuriat social.

Cette année, le forum sera placé sous le signe de la « Remise en Cause de la Dynamique des Pouvoirs ». Quelques exemples d’ateliers et de conférences :

  • L’impact de l’innovation sociale sur les structures de pouvoir traditionnel
  • L’action des entrepreneurs sociaux pour le développement de solutions innovantes pour surmonter les problèmes globaux comme la santé, l’agriculture et l’éducation au sein des communautés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord
  • Le rôle de l’entreprenariat social au féminin
  • L’utilisation des réseaux sociaux en ligne et des technologies mobiles pour étendre l’action locale à un niveau global

Plus d’information sur le site internet du Forum.

Présentation du social entrepreneurship et du Forum en vidéo :

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Québec : vers la création d’un marché et d’une bourse dédiés à l’économie sociale ?

24/03/2009

J’ai déjà parlé du Québec il y a deux semaines, je sais… mais le gouvernement québécois – sous l’impulsion du Chantier de l’économie sociale – a une nouvelle fois apporté son soutien au secteur de l’économie sociale (ÉS). Je ne pouvais donc pas passer à côté de cette information.

budget-quebecLe budget 2009-2010, présenté la semaine dernière par la Ministre des Finances, prévoit ainsi un certain nombre de mesures pour le secteur, notamment l’injection de 5 millions de dollars (3 millions d’euros) dans le Réseau d’investissement social du Québec ainsi que le financement d’une étude sur la mise en place d’un marché secondaire de l’ÉS, pilotée par le Chantier de l’économie sociale.

C’est cette dernière mesure, de prime abord anodine, qui a retenu mon attention. Il s’agit en fait de débloquer 300 000 dollars canadiens (180 000 euros) pour étudier la faisabilité d’une bourse de l’économie sociale, qui « permettrait d’offrir des produits spécialisés à des entrepreneurs potentiels, de recapitaliser des fonds existants et de maintenir la capitalisation des entreprises d’économie sociale »… en d’autres termes d’envisager la création d’une sorte de « Social Stock Exchange » pour proposer des produits financiers adaptés à la réalité des entreprises de l’ ÉS.

Un beau projet, certes encore au stade d’idée, mais dont on ne manquera pas de suivre l’évolution !

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“L’économie québecoise a trois composantes : le privé, le public et l’économie sociale”

06/03/2009

J’ai déjà évoqué lors de précédents billets l’action du Chantier de l’Economie sociale du Québec. Je n’avais cependant que des informations partielles sur ses activités. Pour en savoir plus, j’ai donc interrogé Jacques Hérivault, responsable des communications stratégiques du Chantier. Résultat : un entretien passionnant, que je vous livre aujourd’hui.

jacques-herivault

Pour commencer, pourriez-vous nous dresser un portrait de l’économie sociale (ÉS) au Québec ?
Même si nous ne disposons pas d’un portrait statistique global, on peut dire que l’économie sociale du Québec est composée de 7000 entreprises, embauche 125 000 personnes et pèse 17 milliards de dollars canadien (10,4 milliards d’euros), soit 6% du PIB québécois. Ses entreprises sont des coopératives et des organismes sans but lucratifs (OSBL) ayant des activités dans plus de 13 secteurs économiques différents.
Contrairement à la France, l’économie sociale québécoise n’est pas un nain politique. L’Etat a conscience de son action structurante. Depuis 1996, date du Sommet de l’économie et de l’emploi, l’ÉS a gagné la reconnaissance des décideurs… Reconnaissance qui a abouti l’année dernière à un plan d’action ambitieux.

En quoi consiste ce plan d’action ?
Il prévoit, entre autres, l’augmentation des financements du Chantier et des pôles régionaux d’économie sociale, qui assurent la promotion et le développement de l’ÉS au niveau régional. Ce plan n’implique pas moins de sept ministères et concerne le développement économique, la santé, les services sociaux, l’immigration, la jeunesse et les autochtones, pour lesquels la création d’entreprises d’économie sociale est parfois indispensable. La réalisation d’un portrait statistique précis de l’ÉS est également prévue par ce plan d’action.

Comment ce plan a-t-il pu voir le jour ?
C’est le résultat d’un travail de longue haleine et d’une adaptation aux alternances politiques. En 1996, le gouvernement dirigé par Lucien Bouchard du Parti Québécois présentait un intérêt marqué pour l’économie sociale. En 2003, un plan gouvernemental comme celui que nous avons obtenu en 2008 devait voir le jour, mais à la veille d’un changement de majorité, il n’a malheureusement pas été voté. Nous avons donc repris notre bâton de pèlerin pour sensibiliser le gouvernement libéral et après cinq années de lobbying auprès des fonctionnaires et des politiques, le Chantier de l’économie sociale a réussi à obtenir le vote de ce plan d’action.

A ce propos, pouvez-vous nous présenter le Chantier de l’économie sociale ?
Le Chantier est d’une certaine manière, la représentation politique de l’économie sociale québécoise. Il a donc une mission de promotion et de lobbying qui s’appuie sur la démonstration des forces des entreprises d’ÉS. Au Chantier, nous défendons l’idée selon laquelle l’économie sociale est une partie structurante de l’économie québécoise. Pour nous, l’économie est plurielle et a trois composantes : le privé, le public… et l’économie sociale. Partant de ce constat, l’économie sociale n’est pas un secteur, mais un pôle économique à part entière qui s’appuie sur différents secteurs d’activité.
Le Chantier œuvre également à soutenir l’émergence, le développement et la consolidation d’entreprises et d’organismes de l’économie sociale. Ses membres sont de nombreux réseaux d’ÉS, dont plusieurs siègent au conseil d’administration aux côtés de représentants des mouvements sociaux et des syndicats.

Comment le Chantier s’est-il mis en place?
Son origine remonte au Sommet de l’économie et de l’emploi qui a favorisé la création d’un groupe de travail composé de nombreux réseaux d’ÉS. C’est Nancy Neamtan, présidente-directrice générale actuelle du Chantier, qui les a réunis. Issue d’un mouvement d’économie sociale de Montréal, elle a senti à l’époque la volonté de ces acteurs d’entreprendre des actions de promotion et de valorisation de manière concertée. Deux ans plus tard, en 1998, ce groupe de travail est devenu le Chantier de l’économie sociale.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur les actions de promotion du Chantier ?
Au niveau du lobbying, nous sommes en contact constant avec les décideurs politiques, notamment avec Mme Nathalie Normandeau, vice-première ministre qui a également la responsabilité de l’économie sociale. Nous redoublons d’efforts au moment des consultations prébudgétaires. Nous venons à cet égard de publier un mémoire à destination du gouvernement.
Nous entendons également faire connaître les entreprises d’ÉS au grand-public. Nous avons ainsi créé le portail de l’économie sociale qui met en relation consommateurs et entreprises de l’économie sociale. Après deux ans d’existence, 4800 entreprises sont aujourd’hui recensées et pas moins de 40 000 internautes visitent chaque mois ce site internet ! Forts de ce succès, nous souhaitons aller plus loin en développant un espace intitulé « Acheter solidaire » qui fera le lien entre les produits et services des entreprise d’ÉS et les consommateurs.

A vous écouter, on a l’impression d’être à des années lumières de la France où l’économie sociale souffre d’un réel problème de reconnaissance…
Certes, l’économie sociale québécoise bénéficie d’une reconnaissance de la part de l’Etat, mais la situation est loin d’être parfaite. Certains préjugés ont la vie dure : pour certains, l’économie sociale serait une économie de pauvres. On observe une méconnaissance de la part des décideurs, des médias et du grand public. Beaucoup de nos représentants politiques sont par exemple surpris d’apprendre que certaines entreprises d’ÉS œuvrent dans les TIC, dans le multimédia et dans d’autres secteurs que ceux qui viennent spontanément à l’esprit (insertion, services à la personne…).
Cette méconnaissance s’accentue au niveau du grand-public qui a parfois l’impression que l’économie sociale permet à l’Etat de se désengager de certaines de ses missions sociales, notamment celle de la santé.
Les médias ont quant à eux des difficultés à comprendre la réalité de l’économie sociale. Cela vient du fait qu’à part les entreprises privées et l’Etat, on a du mal à imaginer qu’il existe d’autres acteurs économiques. C’est pour cette raison que le Chantier promeut le concept d’économie plurielle.

Question d’actualité : les entreprises de l’économie sociale québécoise bénéficient-elles d’une attention particulière de la part de l’Etat en ces temps de plans de relance ?
Quand on travaille dans l’économie sociale, on a immédiatement le réflexe de se dire que le modèle de l’économie sociale est une réponse à la crise. Les entreprises d’ÉS sont bien plus pérennes que les entreprises privées. Elles ne peuvent être ni délocalisées, ni vendues. Si l’on adopte un langage marketing, on peut dire que nous avons là un produit extraordinaire. Mais l’Etat ne change pas ses habitudes. Il soutient avant tout les secteurs les plus touchés : les banques, l’automobile, le manufacturier, l’industrie du bois et entend relancer l’économie par les infrastructures. On sent que les entreprises d’ÉS ne seront pas au cœur de son action. Pour avoir une chance d’être entendu et prendre part aux débats actuels, il nous faut donc continuer à communiquer en adoptant un message simple et combattre les idées préconçues, qui n’ont malheureusement pas changé avec la crise.

Finissons sur une note que j’espère positive… Etes-vous optimiste quant à l’avenir de l’économie sociale québécoise ?
Oui, absolument ! L’économie sociale a parcouru un très long chemin. On assiste au développement, et à la progression de multiples secteurs. Nous sommes armés pour l’avenir. L’économie sociale dispose de centres de recherche et d’innovation très performants. Elle peut s’appuyer sur un comité sectoriel pour résoudre ses problèmes de renouvellement de main d’œuvre et sur deux entités financières créées par le Chantier (la Fiducie du Chantier et le réseau d’investissement social du Québec) pour soutenir le développement de ses entreprises. Enfin, elle peut compter sur le Chantier pour défendre l’intérêt de ses entreprises auprès des leaders d’opinion. La synergie de ces quatre éléments – innovation, main d’œuvre, finance et politique – est un des facteurs clés de succès et de progression de l’économie sociale dans les années à venir.

Pour continuer sur ce sujet :

kilometrezero

  • Reportage de l’émission Kilomètre Zéro de Télé-Québec consacré à l’économie sociale au Québec
  • Groupe “Economie sociale” sur le réseau social de la Communauté Novae
  • Téléchargez ici et l’interview de Charles Guindon, directeur du développement du Chantier, à la radio CKRL à l’occasion des consultations prébudgétaires (clic droit + enregistrer sous)

 

 

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Royaume-Uni : £ 42,5 millions pour le Tiers Secteur

13/02/2009

real-help-for-communities-planDans le cadre du plan de relance britannique, l’Office of the Third Sector a détaillé cette semaine le plan de soutien de £ 42,5 millions (47,5 millions d’euros) au Tiers Secteur, l’équivalent de l’économie sociale et solidaire en France. Intitulé “Real help for communities : Volunteers, Charities and Social Enterprises“, ce plan prévoit, entre autres, la création d’un fonds de £ 16,5 millions favorisant les rapprochements et les partenariats entre les acteurs du secteur, une subvention de £ 500 000 destinée à l’Ecole des entrepreneurs sociaux, ou encore £ 10 millions permettant de former des demandeurs d’emploi par l’intermédiaire du volontariat.

Même si d’aucuns considèrent que les montants annoncés ne sont pas à la hauteur des enjeux, ce plan révèle qu’il y a une véritable structuration de l’économie sociale et solidaire au Royaume-Uni et partant, une parfaite identification du secteur par les pouvoirs publics. A quand un plan de soutien à l’économie sociale et solidaire en France ?

Pour en savoir davantage sur le Third Sector au Royaume-Uni, lire l’excellent article d’Hugues Sibille.

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