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Archives pour 03/2009

50 bloggers en direct du G20

31/03/2009

g20voiceNe serait-ce déjà pas le signe d’un changement ? Alors que les grand-messes internationales nous ont  habitués à des communiqués officiels souvent creux et éloignés de la réalité des débats, le sommet du G20 de Londres marque sa différence.

En effet, 50 bloggers issus d’ONG vont rendre compte en direct de l’avancée des discussions sur le site G20Voice. Ils assisteront ainsi à toutes les tables rondes et auront la possibilité d’interviewer les dirigeants.

Parmi ces 50 reporters d’un genre nouveau qui ont été sélectionnés par la blogosphère, on citera Kumi Naidoo de la Coalition Against Poverty, le chroniqueur économique chinois Rui Chenggang, ou encore le Nigérien, Sokari Ekine.

Au-delà de l’opération de communication que peut constituer G20Voice, cette initiative montre que les lignes bougent et que les bloggers émanant des ONG ont gagné en crédibilité. Ils sont à présent perçus comme de véritables relais d’opinion. Notons cependant que les bloggers invités ne sont pas connus pour être de farouches opposants au système capitaliste. A quand un blogger issu d’ATTAC ou du mouvement syndical présent dans ce type de manifestation ?

Suivre les bloggers sur Twitter, YouTube ou Flickr.

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Le Skoll World Forum on Social Entrepreneurship du 25 au 27 mars à Londres

25/03/2009

La 6ème édition du Skoll World Forum on Social Entrepreneurship se tient actuellement à Londres jusqu’au 27 mars. Il réunit les principaux acteurs de l’entreprenariat social. Près de 750 représentants de plus de 65 pays sont attendus sur le campus de Saïd Business School, l’école de management de l’Université d’Oxford pour échanger sur les solutions innovantes que propose l’entrepreneuriat social.

Cette année, le forum sera placé sous le signe de la « Remise en Cause de la Dynamique des Pouvoirs ». Quelques exemples d’ateliers et de conférences :

  • L’impact de l’innovation sociale sur les structures de pouvoir traditionnel
  • L’action des entrepreneurs sociaux pour le développement de solutions innovantes pour surmonter les problèmes globaux comme la santé, l’agriculture et l’éducation au sein des communautés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord
  • Le rôle de l’entreprenariat social au féminin
  • L’utilisation des réseaux sociaux en ligne et des technologies mobiles pour étendre l’action locale à un niveau global

Plus d’information sur le site internet du Forum.

Présentation du social entrepreneurship et du Forum en vidéo :

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Dossier sur l’entreprise sociale dans Le Monde Eco

24/03/2009

couvlemondeC’est suffisamment rare pour être signalé : Le Monde Economie (supplément du Monde daté du 24/03/2009) consacre aujourd’hui un dossier à des modèles d’entreprendre qui “permettraient aux plus pauvres de réintégrer le circuit économique et enclencheraient une dynamique durable“. 

Intitulé “Les exclus du système, un potentiel de croissance négligé“, ce dossier s’intéresse à l’entrepreneuriat social, au microcrédit et à des initiatives françaises (Créajeunes) et étrangères (Dabba Telecom).

Dossier accessible ici.

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Québec : vers la création d’un marché et d’une bourse dédiés à l’économie sociale ?

24/03/2009

J’ai déjà parlé du Québec il y a deux semaines, je sais… mais le gouvernement québécois – sous l’impulsion du Chantier de l’économie sociale – a une nouvelle fois apporté son soutien au secteur de l’économie sociale (ÉS). Je ne pouvais donc pas passer à côté de cette information.

budget-quebecLe budget 2009-2010, présenté la semaine dernière par la Ministre des Finances, prévoit ainsi un certain nombre de mesures pour le secteur, notamment l’injection de 5 millions de dollars (3 millions d’euros) dans le Réseau d’investissement social du Québec ainsi que le financement d’une étude sur la mise en place d’un marché secondaire de l’ÉS, pilotée par le Chantier de l’économie sociale.

C’est cette dernière mesure, de prime abord anodine, qui a retenu mon attention. Il s’agit en fait de débloquer 300 000 dollars canadiens (180 000 euros) pour étudier la faisabilité d’une bourse de l’économie sociale, qui « permettrait d’offrir des produits spécialisés à des entrepreneurs potentiels, de recapitaliser des fonds existants et de maintenir la capitalisation des entreprises d’économie sociale »… en d’autres termes d’envisager la création d’une sorte de « Social Stock Exchange » pour proposer des produits financiers adaptés à la réalité des entreprises de l’ ÉS.

Un beau projet, certes encore au stade d’idée, mais dont on ne manquera pas de suivre l’évolution !

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Lancement du 2ème Printemps pour une économie équitable

20/03/2009

affiche-printemps-economie-equitableLe 2ème Printemps pour une économie équitable aura lieu du 21 mars au 21 juin 2009. Le collectif organisateur – composé d’associations et de coopératives – propose une série de rencontres et de débats publics à travers toute la France.

L’objectif de cette opération : mettre en valeur des initiatives économiques alternatives et solidaires dont « les médias grand public ne rendent quasiment jamais compte ». Au programme : débats, marchés solidaires, concerts, projections de films…

Alors que la première édition était consacrée au commerce équitable, cette 2ème édition concerne davantage de secteurs économiques. Avec des représentants du commerce équitable bien sûr, mais également de l’entrepreneuriat social, de l’agriculture bio ou encore de la musique éthique, cet événement offre un beau panorama de l’économie solidaire. On espère que la troisième édition sera encore plus représentative de l’ESS…

Je vous conseille le blog de l’événement. Vous y retrouverez la liste des manifestations, une médiathèque (vidéos, images…) et une présentation de tous les organisateurs.

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“L’économie québecoise a trois composantes : le privé, le public et l’économie sociale”

06/03/2009

J’ai déjà évoqué lors de précédents billets l’action du Chantier de l’Economie sociale du Québec. Je n’avais cependant que des informations partielles sur ses activités. Pour en savoir plus, j’ai donc interrogé Jacques Hérivault, responsable des communications stratégiques du Chantier. Résultat : un entretien passionnant, que je vous livre aujourd’hui.

jacques-herivault

Pour commencer, pourriez-vous nous dresser un portrait de l’économie sociale (ÉS) au Québec ?
Même si nous ne disposons pas d’un portrait statistique global, on peut dire que l’économie sociale du Québec est composée de 7000 entreprises, embauche 125 000 personnes et pèse 17 milliards de dollars canadien (10,4 milliards d’euros), soit 6% du PIB québécois. Ses entreprises sont des coopératives et des organismes sans but lucratifs (OSBL) ayant des activités dans plus de 13 secteurs économiques différents.
Contrairement à la France, l’économie sociale québécoise n’est pas un nain politique. L’Etat a conscience de son action structurante. Depuis 1996, date du Sommet de l’économie et de l’emploi, l’ÉS a gagné la reconnaissance des décideurs… Reconnaissance qui a abouti l’année dernière à un plan d’action ambitieux.

En quoi consiste ce plan d’action ?
Il prévoit, entre autres, l’augmentation des financements du Chantier et des pôles régionaux d’économie sociale, qui assurent la promotion et le développement de l’ÉS au niveau régional. Ce plan n’implique pas moins de sept ministères et concerne le développement économique, la santé, les services sociaux, l’immigration, la jeunesse et les autochtones, pour lesquels la création d’entreprises d’économie sociale est parfois indispensable. La réalisation d’un portrait statistique précis de l’ÉS est également prévue par ce plan d’action.

Comment ce plan a-t-il pu voir le jour ?
C’est le résultat d’un travail de longue haleine et d’une adaptation aux alternances politiques. En 1996, le gouvernement dirigé par Lucien Bouchard du Parti Québécois présentait un intérêt marqué pour l’économie sociale. En 2003, un plan gouvernemental comme celui que nous avons obtenu en 2008 devait voir le jour, mais à la veille d’un changement de majorité, il n’a malheureusement pas été voté. Nous avons donc repris notre bâton de pèlerin pour sensibiliser le gouvernement libéral et après cinq années de lobbying auprès des fonctionnaires et des politiques, le Chantier de l’économie sociale a réussi à obtenir le vote de ce plan d’action.

A ce propos, pouvez-vous nous présenter le Chantier de l’économie sociale ?
Le Chantier est d’une certaine manière, la représentation politique de l’économie sociale québécoise. Il a donc une mission de promotion et de lobbying qui s’appuie sur la démonstration des forces des entreprises d’ÉS. Au Chantier, nous défendons l’idée selon laquelle l’économie sociale est une partie structurante de l’économie québécoise. Pour nous, l’économie est plurielle et a trois composantes : le privé, le public… et l’économie sociale. Partant de ce constat, l’économie sociale n’est pas un secteur, mais un pôle économique à part entière qui s’appuie sur différents secteurs d’activité.
Le Chantier œuvre également à soutenir l’émergence, le développement et la consolidation d’entreprises et d’organismes de l’économie sociale. Ses membres sont de nombreux réseaux d’ÉS, dont plusieurs siègent au conseil d’administration aux côtés de représentants des mouvements sociaux et des syndicats.

Comment le Chantier s’est-il mis en place?
Son origine remonte au Sommet de l’économie et de l’emploi qui a favorisé la création d’un groupe de travail composé de nombreux réseaux d’ÉS. C’est Nancy Neamtan, présidente-directrice générale actuelle du Chantier, qui les a réunis. Issue d’un mouvement d’économie sociale de Montréal, elle a senti à l’époque la volonté de ces acteurs d’entreprendre des actions de promotion et de valorisation de manière concertée. Deux ans plus tard, en 1998, ce groupe de travail est devenu le Chantier de l’économie sociale.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur les actions de promotion du Chantier ?
Au niveau du lobbying, nous sommes en contact constant avec les décideurs politiques, notamment avec Mme Nathalie Normandeau, vice-première ministre qui a également la responsabilité de l’économie sociale. Nous redoublons d’efforts au moment des consultations prébudgétaires. Nous venons à cet égard de publier un mémoire à destination du gouvernement.
Nous entendons également faire connaître les entreprises d’ÉS au grand-public. Nous avons ainsi créé le portail de l’économie sociale qui met en relation consommateurs et entreprises de l’économie sociale. Après deux ans d’existence, 4800 entreprises sont aujourd’hui recensées et pas moins de 40 000 internautes visitent chaque mois ce site internet ! Forts de ce succès, nous souhaitons aller plus loin en développant un espace intitulé « Acheter solidaire » qui fera le lien entre les produits et services des entreprise d’ÉS et les consommateurs.

A vous écouter, on a l’impression d’être à des années lumières de la France où l’économie sociale souffre d’un réel problème de reconnaissance…
Certes, l’économie sociale québécoise bénéficie d’une reconnaissance de la part de l’Etat, mais la situation est loin d’être parfaite. Certains préjugés ont la vie dure : pour certains, l’économie sociale serait une économie de pauvres. On observe une méconnaissance de la part des décideurs, des médias et du grand public. Beaucoup de nos représentants politiques sont par exemple surpris d’apprendre que certaines entreprises d’ÉS œuvrent dans les TIC, dans le multimédia et dans d’autres secteurs que ceux qui viennent spontanément à l’esprit (insertion, services à la personne…).
Cette méconnaissance s’accentue au niveau du grand-public qui a parfois l’impression que l’économie sociale permet à l’Etat de se désengager de certaines de ses missions sociales, notamment celle de la santé.
Les médias ont quant à eux des difficultés à comprendre la réalité de l’économie sociale. Cela vient du fait qu’à part les entreprises privées et l’Etat, on a du mal à imaginer qu’il existe d’autres acteurs économiques. C’est pour cette raison que le Chantier promeut le concept d’économie plurielle.

Question d’actualité : les entreprises de l’économie sociale québécoise bénéficient-elles d’une attention particulière de la part de l’Etat en ces temps de plans de relance ?
Quand on travaille dans l’économie sociale, on a immédiatement le réflexe de se dire que le modèle de l’économie sociale est une réponse à la crise. Les entreprises d’ÉS sont bien plus pérennes que les entreprises privées. Elles ne peuvent être ni délocalisées, ni vendues. Si l’on adopte un langage marketing, on peut dire que nous avons là un produit extraordinaire. Mais l’Etat ne change pas ses habitudes. Il soutient avant tout les secteurs les plus touchés : les banques, l’automobile, le manufacturier, l’industrie du bois et entend relancer l’économie par les infrastructures. On sent que les entreprises d’ÉS ne seront pas au cœur de son action. Pour avoir une chance d’être entendu et prendre part aux débats actuels, il nous faut donc continuer à communiquer en adoptant un message simple et combattre les idées préconçues, qui n’ont malheureusement pas changé avec la crise.

Finissons sur une note que j’espère positive… Etes-vous optimiste quant à l’avenir de l’économie sociale québécoise ?
Oui, absolument ! L’économie sociale a parcouru un très long chemin. On assiste au développement, et à la progression de multiples secteurs. Nous sommes armés pour l’avenir. L’économie sociale dispose de centres de recherche et d’innovation très performants. Elle peut s’appuyer sur un comité sectoriel pour résoudre ses problèmes de renouvellement de main d’œuvre et sur deux entités financières créées par le Chantier (la Fiducie du Chantier et le réseau d’investissement social du Québec) pour soutenir le développement de ses entreprises. Enfin, elle peut compter sur le Chantier pour défendre l’intérêt de ses entreprises auprès des leaders d’opinion. La synergie de ces quatre éléments – innovation, main d’œuvre, finance et politique – est un des facteurs clés de succès et de progression de l’économie sociale dans les années à venir.

Pour continuer sur ce sujet :

kilometrezero

  • Reportage de l’émission Kilomètre Zéro de Télé-Québec consacré à l’économie sociale au Québec
  • Groupe “Economie sociale” sur le réseau social de la Communauté Novae
  • Téléchargez ici et l’interview de Charles Guindon, directeur du développement du Chantier, à la radio CKRL à l’occasion des consultations prébudgétaires (clic droit + enregistrer sous)

 

 

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