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Archives pour 02/2009

Création d’une collection de livres consacrés aux entrepreneurs sociaux

19/02/2009

Depuis le 5 février dernier, on peut trouver dans toutes les bonnes librairies les deux premiers ouvrages de la collection « Conversations solidaires », lancée par la maison d’édition Rue de l’Echiquier. Objectif : brosser le portrait d’entrepreneurs sociaux et leur donner la parole, le tout pour faire découvrir des initiatives de l’économie sociale et solidaire.

Conversation solidaireLes deux premiers tomes sont consacrés à Jean-Guy Henckel du réseau Cocagne et à Pierre Duponchel, créateur du Relais. Le lecteur pourra ainsi comprendre comment le premier a réussi à imaginer puis à rendre viable un dispositif alliant agriculture bio et insertion et comment le second a pu développer une association qui emploie aujourd’hui 1350 personnes en France, au Burkina Faso et à Madagascar qui trient, collectent et recyclent des vêtements usagés.

Bien entendu, on ne peut que se réjouir d’une telle initiative puisqu’elle illustre très concrètement la réalité de l’entrepreneuriat social. Les prochains opus seront consacrés à Jean-Marc Borello, du Groupe SOS, à François Marty, fondateur de Chenelet et pionnier du logement social écologique et à Catherine Enjolet, de l’association des Parrains par’ Mille.

A lire : Pierre Duponchel, Le Relais envers et contre tout et Jean-Guy Henckel, Dans un pays de Cocagne publiés par la maison d’édition Rue de l’Echiquier. Extraits téléchargeables sur le site internet de l’éditeur.

Actions solidaires ,

Royaume-Uni : £ 42,5 millions pour le Tiers Secteur

13/02/2009

real-help-for-communities-planDans le cadre du plan de relance britannique, l’Office of the Third Sector a détaillé cette semaine le plan de soutien de £ 42,5 millions (47,5 millions d’euros) au Tiers Secteur, l’équivalent de l’économie sociale et solidaire en France. Intitulé “Real help for communities : Volunteers, Charities and Social Enterprises“, ce plan prévoit, entre autres, la création d’un fonds de £ 16,5 millions favorisant les rapprochements et les partenariats entre les acteurs du secteur, une subvention de £ 500 000 destinée à l’Ecole des entrepreneurs sociaux, ou encore £ 10 millions permettant de former des demandeurs d’emploi par l’intermédiaire du volontariat.

Même si d’aucuns considèrent que les montants annoncés ne sont pas à la hauteur des enjeux, ce plan révèle qu’il y a une véritable structuration de l’économie sociale et solidaire au Royaume-Uni et partant, une parfaite identification du secteur par les pouvoirs publics. A quand un plan de soutien à l’économie sociale et solidaire en France ?

Pour en savoir davantage sur le Third Sector au Royaume-Uni, lire l’excellent article d’Hugues Sibille.

A l'étranger , ,

Salon des entrepreneurs, ESSEC : une semaine stimulante pour l’entrepreneuriat social

04/02/2009

Articles dans la presse, conférences au Salon des Entrepreneurs, séminaires à l’ESSEC… Cette semaine, l’entrepreneuriat social sort de ses murs, et il n’y a rien de plus encourageant ! Pour avoir assisté aux 48h pour l’Entrepreneuriat social organisées par l’ESSEC et aux conférences du Salon des entrepreneurs, je peux affirmer qu’un réel effort de communication est à l’œuvre et que les entrepreneurs sociaux sont déterminés à faire connaître leurs forces. Lors de ces deux événements, les idées reçues sur le secteur ont été battues en brèche.

Social return on investment
programme-48-h-entreprenariat-socialLes thèmes des ateliers proposés par la Chaire Entrepreneuriat social de l’ESSEC montrent qu’un changement de dimension de l’économie sociale et solidaire est en marche : utilisation du SROI (social return on investment) pour monétiser l’impact social des actions de l’ESS, élaboration d’un business plan d’un projet à finalité sociale, gouvernance et bonne gestion… Qui osera dire après ces ateliers que les entrepreneurs sociaux de demain sont de doux rêveurs qui ne maîtrisent pas les techniques de gestion et de management ?

“Pour les entrepreneurs sociaux, la rentabilité ça existe !”
Au Salon des entrepreneurs, la conférence « Devenir entrepreneur social : du sens et des opportunités » organisée par l’Avise a quant à elle, permis d’illustrer concrètement ce qu’était l’entrepreneuriat social. Devant une salle comble de 650 personnes, trois entrepreneurs sociaux (François Goudenove de Websourd, Edwige Lepelletier du Champ des Cimes et Jean-Marc Borello du Groupe SOS) ont présenté leur activité et ont insisté sur le fait qu’ils étaient confrontés aux mêmes contraintes que les entreprises de l’économie classique. Jean-Marc Borello a ainsi affirmé qu’au Groupe SOS la rentabilité était au cœur de sa stratégie puisque “sans elle, pas de service de qualité offerts aux usagers“. Emmanuel Faber, directeur général délégué de Danone et Patrick Dargent, président du Réseau Entreprendre ont, eux, démontré que la frontière entre une entreprise classique et une entreprise de l’économie sociale et solidaire allait devenir de plus en plus poreuse dans les années à venir (à l’image de Danone qui a entrepris une démarche solidaire au Bengladesh).

Gilet orange
La conférence s’est poursuivie avec la remise du Livre Blanc des 100 entrepreneurs sociaux à Laurent Wauquiez qui s’est engagé à mettre un certain nombre d’outils au service de l’entrepreneuriat solidaire (notamment en incluant l’insertion par l’activité économique dans le plan de relance, ou encore en encourageant le développement de mesures statistiques de l’entrepreneuriat social). Il s’est en revanche montré moins enthousiaste pour soutenir les campagnes de promotion de l’entrepreneuriat social, qui “nécessitent du budget”. La communication demeurera décidément le parent pauvre de l’ESS… Le ministre a ensuite invité les entrepreneurs signataires du Livre Blanc à le retrouver d’ici un an pour faire le bilan des actions entreprises. L’événement s’est terminé avec la photo de famille : le Ministre entouré des 100 entrepreneurs sociaux signataires du Livre Blanc qui étaient vêtus… de gilets orange, accoutrement qui était censé signifier que les entrepreneurs sociaux devaient être vus par l’opinion publique (sic). J’ai plutôt eu l’impression de me retrouver devant une armée d’agents de la DDE ou de TUCs… On aurait pu trouver mieux comme symbole. Mais bon, après ces événements qui ont permis de valoriser l’économie sociale et solidaire, on ne peut décemment pas reprocher aux organisateurs ce léger couac en matière de communication !

Pour visionner une partie de la conférence du Salon des Entrepreneurs :

Actions solidaires ,

100 entrepreneurs sociaux s’engagent et publient un livre blanc

02/02/2009

J’en parlais dans mon dernier billet : l’économie sociale et solidaire souffre d’un manque de notoriété et peine à structurer sa communication… mais la situation n’est pas inéluctable, loin s’en faut. La preuve avec le Livre Blanc « Développer l’entrepreneuriat social » réalisé par l’AVISE et 100 entrepreneurs sociaux, qui me semble être une réponse à ce problème de communication.livre-blanc-entrepreneuriat-social

Le manifeste, qui sera remis à Laurent Wauquiez à l’occasion du Salon des entrepreneurs des 3 et 4 février prochains, entend être « le point de départ d’une démarche collective visant à construire et concrétiser le changement d’échelle de l’entrepreneuriat social ». Ce livre blanc propose ainsi 15 initiatives pour développer l’entrepreneuriat social. Trois concernent directement la communication et la promotion du secteur de l’ESS, à savoir :

  • Mobiliser une communauté d’entrepreneurs sociaux (avec l’organisation du premier forum national des entrepreneurs sociaux)
  • Créer un site internet pour les entrepreneurs sociaux (ce portail devrait être lancé à l’automne 2009)
  • Lancer une campagne de promotion de l’entrepreneuriat social pour faire connaître le secteur au grand-public.

Au-delà de ces trois initiatives concrètes, ce Livre Blanc montre qu’une communication collective pour le secteur de l’économie sociale et solidaire est possible. La démarche de l’AVISE constitue un véritable pas en avant pour la reconnaissance de l’ESS. Elle montre que les acteurs du secteur peuvent prendre la parole de concert, défendre ensemble leurs intérêts et développer une culture commune. Je m’interroge cependant sur le vocable « entrepreneur ». Il a le mérite de personnifier les acteurs du secteur, mais gomme l’idée de « collectif » qui anime pourtant l’ESS. Pourquoi ne pas plutôt opter pour l’expression « entreprises sociales et solidaires » qui réconcilierait entreprise et solidarité ?

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