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Archives pour 01/2009

Les problèmes de communication de l’économie sociale et solidaire

31/01/2009

On dit souvent qu’en France et en Europe, l’Economie sociale et solidaire est un géant économique mais un nain politique. Un géant économique puisqu’elle salarie 2 millions de personnes dans l’hexagone et qu’elle représente 11,7% du PIB français. Un nain politique parce qu’elle peine à se faire connaître et reconnaître. Les causes sont multiples. Le fait qu’il n’y ait pas de véritable porte-parole de l’ESS  peut expliquer ce manque de visibilité et de notoriété.

L’économie sociale et solidaire est confrontée à un véritable problème de communication : trop d’acteurs prennent la parole pour en vanter les mérites, sans qu’aucun ne réussisse à se hisser au rang de représentant du secteur entier dans l’opinion publique. Résultat : un bruit… inaudible !

Je me suis inspiré du principe du tag cloud (ou nuage de mots clés) pour illustrer cette situation. Ci-dessous donc, le tag cloud de l’économie sociale et solidaire constitué des noms des principaux acteurs du secteur dont la taille varie en fonction de leur capacité à se faire entendre et à valoriser les actions de l’ESS.

ess-tag

Bref… une belle nébuleuse dans laquelle on constate que les acteurs de terrain ont du mal à se faire entendre à l’exception peut-être des mutuelles et des banques coopératives, mais qui, à mon sens, ne sont pas spontanément assimilées au secteur de l’ESS par l’opinion publique.

Je me suis prêté à un autre petit jeu pour voir si internet était à l’image de la situation que je viens de décrire avec le tag cloud… Autrement dit, j’ai voulu vérifier si des représentants français de l’ESS prenaient efficacement la parole sur le net et étaient clairement identifiés par Google. J’ai donc lancé des requêtes sur les termes « économie sociale et solidaire » sur Google.fr. J’ai ensuite comparé les résultats obtenus avec ceux d’autres pays occidentaux, en utilisant « économie sociale et solidaire » sur Google.ca (Canada), « third sector » sur Google.uk.co (Royaume-Uni) et « social entrepreneurship » sur Google.com (USA)… Les résultats parlent d’eux-mêmes! 

resultatsgoogleessEn France, aucun site web d’organisme de l’ESS n’apparaît dans les premiers résultats. Seules les CRESS de Rhône-Alpes et PACA tirent leur épingle du jeu. Mais aucun représentant national… En revanche dans les autres pays, Google a clairement identifié des institutions (le Chantier de l’économie sociale au Québec et le Ministère du Tiers Secteur au Royaume-Uni) ainsi que des groupements et des fondations (Ashoka, Skoll Foundation ou Schwab Foundation aux Etats-Unis). Ce qui révèle que ces acteurs étrangers ont réussi à développer une communication efficace sur internet.

Il est facile de constater. Il est plus compliqué de trouver des solutions à ce problème de communication. Je tenterai cependant de faire quelques propositions afin de remédier à l’absence de structuration dans la prise de parole de l’ESS.

Vu la situation, il est urgent de créer un label “Economie sociale et solidaire” comme l’on fait les producteurs Bio ainsi qu’une plateforme de communication commune réunissant tous les acteurs du secteur (Avise, Ceges, fédérations de l’ESS, universités et grandes écoles…) à l’image de l’Artisanat de France qui a rassemblé ses interprofessions pour communiquer d’une seule voix (via artisanat.info, ou par l’intermédiaire de campagnes télés et d’événements nationaux d’envergure).

portail-economie-solidaire-quebec

Le modèle québécois doit également être une source d’inspiration. Les acteurs de l’économie sociale de la Belle Province communiquent désormais ensemble . Ils ont ainsi lancé economiesocialequebec.ca qui propose de nombreuses ressources sur l’économie sociale locale (annuaire des entreprises, offres d’emplois, informations, etc.).

Suivons ces exemples et imaginons dès maintenant le portail economiesocialeetsolidaire.fr qui serait une porte d’entrée pour les professionnels, les décideurs et le grand-public.

La plateforme de communication à mettre en place devrait également organiser tables rondes, colloques et rencontres thématiques destinés aux entreprises et entrepreneurs sociaux mais aussi à destination du grand-public. Objectif : créer une culture commune et démocratiser l’ESS. Les relations presse seraient bien entendu à mobiliser pour valoriser les initiatives de terrains et informer les médias de façon récurrente. On ne peut se plaindre de  l’absence de médiatisation de nos initiatives si on ne sensibilise pas les journalistes !!

Mon propos n’est pas ici de vouloir gommer toutes les particularités des réseaux de l’économie sociale et solidaire en communiquant d’une seule voix mais plutôt de bâtir une stratégie de communication structurée et efficace. En d’autres termes, construire ensemble une communication solidaire, mutualisée et unifiée qui permettrait d’augmenter la visibilité d’un secteur entier et justement d’en faire comprendre toute la richesse et la diversité.

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Le Forum de Davos accueille 27 entrepreneurs sociaux

28/01/2009

Comme chaque année depuis 2000, le Forum économique mondial de Davos (World Economic Forum) accueille des entrepreneurs sociaux, en partenariat avec la Schwab Foundation for Social Entrepreneurship.

Cette année 27 entrepreneurs, sélectionnés par la Schwab Foundation, pourront rencontrer les dirigeants du monde entier pour présenter leurs initiatives et défendre le modèle de l’entrepreneuriat social.

Trois conférences seront consacrées aux entrepreneurs sociaux : “Business Becoming Social Entrepreneurs”, “Restoring Growth through Social Business” et “Women and Entrepreneurship”.

En ces temps de refonte du capitalisme, de crise et de sinistrose ambiante, je me demande juste pourquoi les médias n’en font pas écho… Pourtant, cette année, le thème de cette grand-messe est “redessiner le monde de l’après crise“… une mission à laquelle les entrepreneurs sociaux vont à coup sûr participer, mais comme trop souvent… en silence!

A l'étranger

Formations dédiées à l’économie sociale et solidaire : une offre variée à la française

23/01/2009

ecole-entreprenariat-economie-socialeLe 12 mars prochain est à marquer d’une pierre blanche. En effet, pour la première fois en France, une école totalement dédiée à l’entrepreneuriat social va ouvrir ses portes à Montpellier. Créée par la chambre régionale de l’économie sociale (CRES) du Languedoc-Roussillon, l’Ecole de l’entrepreneuriat en économie sociale – c’est son nom – affiche des objectifs ambitieux.

Elle souhaite en effet développer la double compétence managériale économique et sociale des dirigeants et rendre plus lisibles les pratiques de gouvernance des entreprises de l’ESS. Pour y parvenir l’Ecole entend, grâce à ses modules de formation, renforcer l’identité, l’attractivité du secteur et sa reconnaissance.  Elle vise également à engager des synergies et des modes de coopération entre les acteurs et à favoriser la mobilité professionnelle au sein de l’économie sociale.

Ce type d’initiative doit être encouragé et soutenu ! Il contribue en effet à développer une culture commune à l’ensemble des (nombreuses) branches de l’économie sociale et permettra à terme de renforcer la crédibilité et la visibilité du secteur.

Le lancement d’une école de l’entrepreneuriat social est une première en France. Il existe toutefois un certain nombre de formations consacrées à l’ESS et à l’entrepreneuriat social. En voici quelques unes.

 

La Chaire Entrepreneuriat Social de l’ESSEC

logo-chaire-entreprenariat-social-essecPremière école française de Management à créer une formation dédiée à l’entrepreneuriat social, l’ESSEC souhaite avec sa Chaire Entrepreneuriat Social, lancée en 2003, jeter des ponts entre le secteur privé et le secteur à but non lucratif. L’objectif ? Mobiliser et former des entrepreneurs et des managers capables d’offrir des solutions innovantes à des problèmes de société. La Chaire Entrepreneuriat Social, structure ses activités autour de trois axes :

  • La création d’organisations à finalité sociale
  • La stratégie et le management dans l’Economie Sociale
  • L’entreprise et le développement durable, la responsabilité sociale de l’entreprise

A noter que les 2 et 3 février prochains, se tient l’événement « 48 heures pour l’Entrepreneuriat Social », où l’on pourra découvrir les dernières innovations proposées par de jeunes entrepreneurs sociaux et assister à leur présentation.

 

La Majeure Management Alter de HEC

majeure-alternative-management-hecLancée en 2006, la Majeure Management Alter n’est pas spécifiquement dédiée à l’entrepreneuriat social mais elle entend contribuer au renouvellement des pratiques managériales et mieux prendre en compte leurs aspects sociaux, éthiques et environnementaux.

 Avec cette Majeure, HEC remet en question les modes de management traditionnels. Son sous-titre parle d’ailleurs de lui même : entreprendre, innover et manager autrement. La réflexion de fond d’HEC quant à l’émergence de nouvelles pratiques managériales ne s’est pas arrêtée à la création de la Majeure. L’Observatoire du management alternatif (ou AMO, pour Alternative Management Observatory) a en effet vu le jour sur le campus de Jouy-en-Josas et accueille aujourd’hui étudiants, chercheurs et professionnels de la sphère économique qui pensent « qu’il est possible de faire autrement ».

 

Les formations ESS des universités

riuessLes grandes écoles de management n’ont pas le monopole des formations orientées « Economie sociale et solidaire ». Les universités françaises ne sont en effet pas en reste. Citons entre autres, Le Master Sciences politiques et sociales, spécialité Economie sociale et solidaire de l’Université Robert Schuman de Strasbourg ou encore le Master Economie et société, spécialité Economie sociale et solidaire de Lyon 2. 
L’ensemble des formations universitaires dédiées à l’ESS se sont d’ailleurs réunies en 2000 sous un collectif : le Réseau Inter-Universitaire de l’Economie sociale et solidaire (RIUESS). Saluons l’idée, qui  permet d’organiser des actions communes, à l’image des 9èmes rencontres du RIUESS  (Roanne – 18 et 19 juin 2009). On peut juste regretter qu’après neuf années d’existence, le RIUESS n’ait pas la visibilité qu’il mérite…

 

Téléchargez les programmes de l’Ecole de l’entrepreneuriat en économie sociale, de la Chaire de l’ESSEC et de la Majeure d’HEC

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Exploiter les réseaux sociaux solidaires du web

16/01/2009

Après les réseaux sociaux généralistes (Facebook, MySpace… ) et les réseaux sociaux professionnels (Viadeo, LinkedIn…), voici les réseaux sociaux solidaires. Je vous propose un panorama de ces outils qui peuvent devenir des moyens efficaces pour essaimer des bonnes pratiques, monter des projets, optimiser sa communication solidaire ou pourquoi pas trouver des partenaires et autres financeurs.

MyCoop.coop

Edité par le Crédit Coopératif, banque de l’économie sociale et solidaire, MyCoop.coop se revendique comme étant le « premier réseau consacré aux initiatives économiques qui mettent l’Homme au cœur de leurs projets ». Organisé en trois grands espaces (S’informer, S’interroger, Se rencontrer), cette plateforme ne déstabilisera pas les utilisateurs de Facebook : ses fonctionnalités sont sensiblement les mêmes que celles de son grand-frère américain. Présentation du projet par la directrice de la communication du Crédit Coopératif :

Axé sur la communication et la sensibilisation, l’espace « S’informer » permet de suivre l’actualité du secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS). Structurée en quatre catégories (« Entreprendre autrement », « Consommer responsable », « Des initiatives pour l’homme », « Des initiatives pour la planète »), cette rubrique présente de manière très concrète l’ESS en valorisant des initiatives et des projets solidaires (ex : guide de l’éco-tourisme au Mexique, micro-crédit…).

L’espace « Se rencontrer » propose lui, un certain nombre de fonctionnalités identiques à celles de Facebook : messagerie, création de groupes thématiques, promotion d’événements, mise en relation avec des amis, statut personnalisable…  Petit plus : le membre de MyCoop.coop pourra rédiger des note sur le sujet de son choix, et aura la possibilité de les publier dans l’espace « Se rencontrer ». Seul petit bémol à cette fonctionnalité : pas de thématisation. Les notes sont uniquement classées par ordre chronologique, ce qui, à terme, peut nuire à l’accès à l’information. L’intégration des tags lors de la rédaction de la note ne serait donc pas un luxe.

mycoop

La valeur ajoutée de cette plateforme réside dans ses espaces d’échanges. Ainsi, la rubrique « S’interroger » offre un recueil de Questions-Réponses en rapport avec le milieu associatif et le secteur de l’économie sociale et solidaire. Parmi les requêtes les plus populaires « Quelles sont les modalités pour créer une association » ou encore « Comment m’habiller responsable ». Cet espace collaboratif permet aux internautes d’obtenir des réponses concrètes et autres conseils pratiques. A noter la possibilité de s’abonner aux flux RSS pour recevoir en direct les dernières questions mises en ligne.

MyCoop.coop est donc une plateforme prometteuse qui offre aux internautes des fonctionnalités simples d’utilisation. Seul regret : une organisation encore un peu anarchique qui compromet un accès rapide à l’information.

 

Web2solidarité.org

web2solidariteCréé par l’Agence mondiale de solidarité numérique Web2solidarité.org entend être le « réseau social dédié aux nouvelles formes de solidarité pour le numérique et par le numérique ». L’objectif de la plateforme est d’accélérer les échanges et partager les informations sur les fractures et les solidarités numériques.

Les fonctionnalités offertes sont nombreuses : mise en relation avec les membres de la communauté, publication et hébergement de photos et de vidéos, diffusion de billets sur un mini-blog personnel, accès à une radio personnalisable (upload de mp3 ou podcast), valorisation d’événements, ajout d’applications (comme sur Facebook)…  et participation à des groupes de réflexion thématiques. J’émettrai à ce propos une réserve : le nombre de groupes thématiques est figé (9 groupes au total), il est impossible pour les membres d’en créer un de leur propre initiative. Dommage…

 

Planete-attitude.fr

planeteattitudeLancé fin 2008 par WWF France, Planete-attitude est le réseau social dédié à la préservation des espèces et de l’environnement.

Planete-attitude propose l’accès à des groupes de discussion, mais également à des vidéos et des photos. Grâce à ses forums, la plateforme constitue un véritable lieu d’échanges et de documentation. Selon un article du Monde, le site compte d’ores et déjà 2300 membres et plus de 240 groupes créés par les internautes. Des données prometteuses pour cette plateforme dont l’ambition est  de « créer un engouement environnemental en France ».

 

Et bien d’autres encore !

Ces trois communautés ne sont pas les seules du web. Certaines concernent l’échange de services citoyens (cf. Humanvillage). Il en existe d’autres orientées “Associations” comme Passerelles & Compétences qui met en relation des professionnels bénévoles avec des associations ayant des besoins spécifiques pour optimiser leur fonctionnement. Le réseau Mobee est lui consacré au mécénat. Enfin, les sites web comme Tinkuy permettent de mettre en commun des solutions “pour un quotidien plus responsable”.


Pourquoi ne pas créer son propre réseau social solidaire ?

La multiplication de ces réseaux sociaux solidaires s’explique certainement par l’existence de boîtes à outil en ligne – à l’image de Ning – qui permettent de créer et de personnaliser très facilement sa propre plateforme. Planete-attitude.fr et Web2solidarité.org ont d’ailleurs été développé sur Ning, tout comme… MyBarackObama.com, le site du candidat démocrate qui a réussi à mobiliser des millions d’internautes américains. Je n’ai pas encore testé Ning, mais apparemment, il est possible de créer son propre réseau social en « quelques minutes ». Avant de passer à la vitesse supérieure en lançant votre communauté en ligne sur Ning, sachez que vous pouvez déjà exploiter les fonctionnalités que vous offre Facebook en créant par exemple votre groupe (comme celui-ci). 

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Un calendrier solidaire pour aider des sans-papiers africains

13/01/2009

calendario-solidarioA Albacete, dans la région espagnole de la Mancha, Adolfo Lopez  a photographié des sans-papiers africains afin de réaliser un calendrier solidaire. Ces immigrés vivent habituellement de petits boulots, mais touchés de plein fouet par la crise, ils n’ont aujourd’hui plus de revenus pour vivre.

Vendu à 10 euros, les bénéfices provenant des ventes du calendrier leur seront ainsi reversés avec l’aide de leur collectif de soutien. Les 1000 exemplaires imprimés ont d’ores et déjà étaient écoulés, mais le studio photo réfléchit déjà à une réédition.

Une initiative qu’il fait bon de découvrir, le jour même où ”notre” Ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale se félicite des 29 796 expulsions de sans-papiers enregistrées en 2008…

Actions solidaires , ,

Les 10 commandements à destination de l’entrepreneur social pour mieux communiquer

11/01/2009

Etant fréquemment en contact avec des entreprises de l’économie sociale et solidaire, je constate que les mêmes “erreurs” en matière de communication se répètent d’une structure à l’autre : absence de plan de communication, non-valorisation d’actions pourtant innovantes et passionnantes, méconnaissance des médias locaux…

Pour lutter contre ces écueils, 10 commandements de la communication de l’entrepreneur solidaire s’imposent : 

  1. Mettre l’économie au service de l’homme est une de tes principales forces : cela te permet de te différencier des autres entreprises et confère à ton action un caractère innovant. Tu es un entrepreneur solidaire ! Ta communication doit en permanence s’appuyer sur cet « avantage concurrentiel ».
     
  2. Tu seras pragmatique. Oublie les dogmes, simplifie ton discours, mets en avant les résultats obtenus… bref sois concret !
     
  3. Tu feras tout pour valoriser les actions que tu entreprends : certaines te semblent peut-être banales mais si tu trouves le bon angle de communication, elles peuvent susciter l’intérêt de tes relais d’opinion (si si, je t’assure !)
     
  4. En communication externe, tu illustreras tes actions par l’exemple. Privilégie les histoires d’hommes et de femmes, démontre en quoi ton action a un impact sur les relations sociales et l’économie de ton territoire.
     
  5. Tu associeras tes collaborateurs à tes actions de communication.
     
  6. Les messages que tu diffuseras doivent être porteurs des valeurs que tu défends au quotidien et qui sont au coeur de ton projet d’entreprise. 
     
  7. Tu encourageras les prises de parole collectives avec d’autres acteurs du secteur. Les relais d’opinion seront plus sensibles à des actions de communication concertée.
     
  8. Tu t’investiras dans les relations presse et les relations publiques locales. Peu coûteuses, elles te permettront de te faire connaître sur ton territoire. Planifie tes prises de parole auprès des journalistes et des décideurs, maintiens le contact en permanence, organise des moments informels et conviviaux avec eux.
     
  9. Tu n’auras pas une approche « outils » mais une approche stratégique. Convertis-toi au plan de communication ! Il te permettra d’anticiper tes besoins, de t’interroger sur tes forces et tes faiblesses, de mieux identifier tes publics cibles et de définir tes axes de communication.
     
  10.   Veille à la cohérence de tes actions de communication les unes par rapport aux autres. Tu développeras ainsi une identité forte pour ton entreprise.

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Les questions de solidarité insuffisamment traitées par les médias

08/01/2009

Le baromètre de confiance dans les médias réalisé par TNS-Sofres pour La Croix et Logica vient de paraître. Comme chaque année, l’institut de sondage a interrogé les Français sur la crédibilité des médias, l’indépendance des journalistes ou encore la restitution de l’information. La seconde partie de l’étude porte sur les questions d’actualité.

Elle révèle que selon les personnes interrogées les médias n’ont pas assez parlé des questions de solidarité. Ainsi considèrent-ils que la hausse du chômage, le RSA, les sans-abris et les émeutes de la faim n’ont pas bénéficié d’une couverture médiatique suffisante. En revanche, la grossesse de Rachida Dati arrive en première position des sujets qui ont frisé l’indigestion médiatique… Après le commerce équitable et le développement durable, les Français seraient-ils en quête d’information solidaire ?

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Insertion : l’union fait la médiatisation !

07/01/2009

Une belle réussite en matière de relations presse repérée le 24 décembre dernier dans Libération. Quasiment toutes les fédérations de l’insertion par l’activité économique (IAE) se sont réunies pour signer une tribune d’opinion intitulée “L’économie au service de l’Homme“. Elles ont ainsi réussi à convaincre Libé de publier leur point de vue dans le numéro spécial consacré aux actions innovantes en réponse à la crise financière.

C’est une gageure à plusieurs titres. D’abord, il faut savoir que dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, les réseaux et autres fédérations qui défendent pourtant des intérêts communs ont beaucoup de mal à s’entendre et a fortiori à communiquer d’une seule et unique voix. Ensuite parce que l’IAE est totalement inconnue du grand public et intéresse peu les journalistes (j’y reviendrai dans un futur billet). C’est d’ailleurs sans doute pour cette raison que les signataires de la tribune ont fait appel à Claude Alphandéry, perçu comme une “icône” de l’ESS par la presse, pour être leur porte-parole. Enfin, parce que ces fédérations sont parvenues à être suffisamment claires pour diffuser un message intelligible et présenter ainsi l’insertion par l’activité économique de manière tout à fait compréhensible.

Cet effort méritait d’être signalé puisqu’il est synonyme d’efficacité. Une démarche à encourager et à réitérer!

Relations presse , ,

De l’art d’être anti-communicant…

06/01/2009

Premier coup de gueule sur communication-solidaire.com suite à la parution d’un courrier de lecteur dans le Journal de l’Action sociale de décembre 2008, dont je vous laisse prendre connaissance : 

J’ai reçu […] une invitation à la conférence “Économie sociale : quelles stratégies de développement ?”, organisée le mardi 27 janvier 2009 à la Maison de la Chimie par Les Échos, en partenariat avec le Ceges, PriceWaterhousesCoopers, le Groupe Caisse d’Épargne, l’IFA, Chorum, le Coorace, le Crédit Coopératif, la Mutualité Française et PUna.

Jeune retraité, ancien responsable de la licence professionnelle Management des organisations de l’économie sociale à l’université de Marne-la-vallée, je me suis dit : “tiens, une conférence intéressante pour un retraité !”. Je comptais donc m’inscrire, la conférence étant aussi ouverte à tous ceux qui sont concernés par le développement des entreprises de l’économie sociale.

Je ne m’inscrirai pas. Tarifs d’inscription : 358,80 euros TTC pour les entreprises de l’économie sociale, 1136,20 euros TTC pour les autres. Je suis furieux, choqué, humilié.

Furieux! 1136,25 euros! Comment l’économie sociale accepte-t-elle qu’un Smic mensuel soit dépensé par une personne en une seule journée ? C’est une honte !

Choqué ! Comment le Ceges ose-t-il co-organiser une conférence hors de prix au moment même où est attendue la publication de la loi généralisant le RSA et réformant les politiques d’insertion, où rouvrent les Restos du coeur, où peuvent commencer les recours prévus par la loi sur le droit au logement opposable ? L’argent des inscriptions ira-t-il au Ceges ? au Groupe Caisse d’Épargne ? Quelles leçons ce groupe a-t-il à donner pour le développement des entreprises de l’économie sociale dans une période de crise mondiale où il a jeté par la fenêtre de l’argent de ses épargnants ? C’est une honte !

Humilié ! Le mot “valeurs” est certes plusieurs fois utilisé dans le texte d’invitation. Mais pas une seule fois le mot “hommes” et “femmes” ! Comment oser discuter des stratégies de développement de l’économie sociale sans mentionner une seule fois le rôle essentiel que les salariées et les salariés jouent dans ce développement ? Comment donner confiance dans cette économie aux milliers de jeunes de l’enseignement supérieur formés et diplômés chaque année dans toutes les universités françaises !

C’est une honte !

Bref, il faut que la conférence du 27 janvier 2009 soit annulée !

Cette réaction est à mon sens contre-productive : elle va à l’encontre de l’effort d’ouverture et de lisibilité que fait le Ceges en organisant cette conférence

Elle cantonne l’économie sociale et solidaire (ESS) à un cercle d’experts soi-disant garants d’un idéal humaniste. Ce qui est exaspérant c’est que des valeurs a priori nobles sont  instrumentalisées pour servir un discours d’un autre temps qui nuit à la visibilité et à la reconnaissance d’un secteur entier. 

Ces mêmes valeurs sont à mon sens mobilisées à des fins personnelles, puisqu’elles permettent à ce lecteur “furieux, choqué et humilié” de se positionner comme LE défenseur de la solidarité. C’est une attitude fréquente dans ce secteur : ne pouvant accéder au pouvoir de l’argent (on devine bien pourquoi), certains entament une course au pouvoir de la morale en se drapant dans de grands idéaux… le tout, bien entendu, pour se valoriser. Cela contribue à alimenter les idées reçues selon lesquelles le secteur de l’ESS est un repère d’idéalistes et d’utopistes patentés. Ce qui est bien entendu incorrect. La plupart des acteurs de l’ESS sont des entrepreneurs confrontés aux mêmes impératifs économiques que les entreprises “traditionnelles” et qui en plus, ont fait le choix de mettre l’Homme au coeur des préoccupations.  

Je conclurai en criant haut et fort que la conférence du 27 janvier 2009 doit avoir lieu ! La démarche du Ceges va dans le bon sens :  en organisant ce type de manifestation, il permet à l’économie sociale et solidaire de mieux se faire comprendre et d’aller à la rencontre de nouveaux publics. Bref, à être pragmatique et conscient des enjeux actuels. Deux postures que devraient adopter les acteurs du secteur!

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Suivre l’actualité de l’économie sociale… par la communication

05/01/2009

Depuis le temps que ça me démangeait… Ca y est!!! Je me lance finalement dans la blogosphère. Oui mais pourquoi ? Je suis depuis peu chargé de communication dans le secteur de l’économie sociale et solidaire et je me rends compte que ce secteur souffre malheureusement d’un manque de visibilité.

Les raisons sont nombreuses : une difficulté à dire simplement ce qu’on fait, une atomisation des acteurs qui fait que les médias ont du mal à s’y retrouver, des valeurs (nobles) qui prennent souvent le pas sur le pragmatisme (pourtant nécessaire en communication) et brouillent les messages… Les causes sont donc multiples (Eric Dacheux, professeur à l’université Blaise Pascal de Clermont Ferrand les présentent bien mieux que moi).

Ce manque de visibilité et de lisibilité est, à mon sens fâcheux. D’autant qu’en ces temps de crise toutes les initiatives porteuses d’un modèle alternatif à l’ultra-capitalisme et à ses dérives doivent être mises sur le devant de la scène et valorisées.

Tout cela pour dire qu’avec ce blog, j’entends être le (modeste) relais des actions de communication, d’information et de sensibilisation réalisées par les entrepreneurs sociaux et autres entreprises de l’économie sociale et solidaire. Le tout afin de faire connaître ce secteur encore alternatif et méconnu en France.

Avec communication-solidaire.com, je souhaite également observer et  analyser la manière dont les médias (Français et étrangers)  s’intéressent – ou pas - au secteur de l’économie solidaire.

Cette aventure ne se fera pas sans vos contributions, partages d’experiences, conseils et remarques. N’hésitez pas !

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